‹ Le SaharaChapitre 82 sur 346 · Voyage, etc., I, p · texte numérisé non relu

Voyage, etc., I, p

plateau bas de la Marmariquo et les rives monotones de la Syrte n'arrêtent pas au passage les vapeurs marines : le vent les emporte au loin, invisibles et inutiles, et ces pays restent des steppes sans culture, comme TÉgypte loin du Nil. Le revers du plateau de Barka est au contraire un pays admirable. Jusque vers la crête(600à 1 ,000 mètresd*altitude), le djebel Akhdar *, le bien nommé, disparaît sous la verdure.

D'épais buissons de cyprès, de laurier, de romarin et de myrte arrêtent partout la vue « et alternent avec de hautes forêts de thuyas, de pistachiers, d'oliviers sauvages ; « des filets d'eau ruissellent de toutes parts, la végétation fend les roches moussues' » ; les pays les mieux cultivés ne paraissent pas plus fertiles que ce pays abandonné à lur-même *. La saillie d'un plateau en forme de promontoire et une différence de quelques ^.èntaines de mètres en hauteur a suffi à faire naître ce « jardin des dieux ». Partout où cessent les montagnes, la steppe, avant-garde du désert, atteint la Méditerranée.

Jetons un coup d'œil sur le reste du globe. Le ïong do la mer Rouge, les cimes du désert Arabique et du Yemen condensent les vapeurs qui sortent de cette immense chaudière : la pluie tombe et les owarft coulent dans la montagne, tandis que la zone basse des rivages reste brûlante et desséchée ^ . Les monts de Nedjed créent au centre de l'Arabie une oasis de pluies d'hiver. Entre la côte aride du sudouest de l'Afrique, et la steppe de Kalahari, les hautes terres du Damara forment comme une île de pluies tropicales au milieu de cet océan de terres desséchées. Tandis qu'il ne pleut

i. La ^ontngne-Verte.

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