CHAPITRE I
à part les exceptions qui existent dans tons les pays, les fonctionnaires algériens sont des hommes probes, fermes et instruits.
Mais les mœurs d'un peuple ne se réforment pas avec la même facilité, et il est difficile d'extirper le vice lorsqu'une fois il s'est implanté dans les masses et qu'il y a poussé de longues racines.
Je suis donc obligé de dire que les Biskris sont de mœurs dissolues.
Oublieux des préceptes du Coran, ils trouvent trop souvent, dans Vabus journalier qu'ils font des liqueurs fortes, Toubli de leurs autres devoirs. L'absinthe est leur liqueur favorite ; ils en boivent à toute heure du jour, et l'ivresse que leur procure cette funeste boisson est encore compliquée par la fumée du fc?/, dont plusieurs font un usage immodéré.
L'amour du jeu est passé, chez un grand nombre, à l'état de véritable passion : un joueur en déveine jouera tout, jusqu'à son bernous, jusqu'à sa propre femme !
Les courtisanes sont très-nombreuses à Biskra, où elles occupent tout un quartier de la ville, et c'est là une preuve évidente que la clientèle ne fait pas défaut. Il faut dire cependant que les femmes indigènes ne forment qu'une faible partie de cette cohorte féminine ; presque toutes appartiennent à la fameuse tribu des Oulad-Nail^ qui occupe un vaste territoire à l'est d'El Aghouat. Les jeunes filles de cette tribu s'adonnent au libertinage du consentement de leurs parents et elles se rendent en grand nombre dans les parties méridionales du Tell, ainsi que dans les principaux centres sahariens, jusqu'à Ouargla et jusque dans le Touât. Au bout de quelques années de ce travail peu honorable, mais toujours lucratif, elles
par cette ouverture, mais que ce feu a été éteint par les prières de saints marabouts qui avaient établi là leur demeure.
A Pest de la source, dans une dépression de terrain de forme arrondie et toute blanche de sel, existe un lac de 30 à 35 mètres de diamètre, dont les eaux, sans écoulement et d'une température de 14 degrés, ont le goût de celles de la mer ; les Arabes Pappellent Hammam Ed Djerab^ c'est-à-dire le Bain de la gale] ses eaux ont, en effet, la propriété de guérir cette maladie.
A une faible distance, et au nord-ouest de la Source chaude^ se trouve encore un autre lac dont les eaux, moins salées, servent à abreuver les gazelles qui paissent dans ces parages.
Au sud du Nouveau-Biskra, à 500 mètres environ, et au delà d'un village nègre habité par les anciens esclaves devenus libres, se trouve le Vieux- BiskrcL^ dont les maisons, toutes construites en terre et souvent fort éloignées les unes des autres, occupent un espace immense au milieu de l'oasis.
Le Vieux-Biskra, où est établie une école de droit musulman, se compose de sept quartiers dont voici les noms avec leurs significations : El M'sid (l'Ecole), Bah Edrôb (Frappe à la porte), Bah Erhleg (Ferme la porte), Gaddecha (Elève, au féminin), Bah el Khaoukha (la Porte du Pêcher), Rass el Crueria (Tête de la hauteur) et Zgag Sidi Barkat (la rue du Sidi Barkatj. En tout 6000 habitants, qui ne s'occupent que de la culture des palmiers.
A Touest du Vieux-Biskra, l'on peut voir, sur une petite éminence, les ruines de l'ancienne kasbah,' celle qui fut prise par les Français en 1844 et dans laquelle ceux-ci s'établirent d'abord ; elle était cons-