‹ Le SaharaChapitre 11 sur 194 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

trnite en terre, comme toutes les habitations, et entourée d'un large fossé, aujourd'hui desséché, que les indigènes appellent encore el Bahar^ ou la Mer de Biskra.

Nul ne peut aller à Biskra sans visiter un vrai bijou qui se trouve à quelques pas de la ville, au sud du village nègre et sur le côté ouest de Poasis : je veux parler de la charmante villa édifiée, par M. Landon, sur la rive droite de Poued. J'ai pu visiter une première fois, en l'absence du propriétaire, le délicieux jardin où se trouvent réunis, par ses soins, les plus beaux types des flores africaine et exotique. Chaque année, une distribution de plantes utiles, dont l'acclimatemeat est parfait, est faite gratuitement aux amateurs et aux colons sahariens qui s'occupeni; de culture.

Lorsque le propriétaire est présent, il fait luimême, avec la plus parfaite urbanité, les honneurs de la villa j mais en son absence un serviteur arabe parfaitement dressé guide le touriste à travers de belles allées, si bien abritées que les rayons du soleil ne sauraient percer le dôme de verdure qui les recouvre. L'eau circule partout abondamment, dans les allées et dans les bosquets, et l'on peut vivre dans cette petite oasis sans s'apercevoir des chaleurs de l'été.

L'on peut faire, aux alentours de Biskra, des chasses très-agréables : dans les montagnes qui sont au nord on trouve la gazelle, le mouflon, le bœuf sauvage, appelé alcUaphe bubale^ et le sanglier; au sud, dans la plaine, on trouve le lièvre, Toutarde, nne espèce de courlis et, sur les bords de l'oued, des bécassines, des canards et divers échassiers.

La température de Biskra est très-élevée en été ; le

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thermomètre monte tres-sonrent, dans les appartements, jusqu'à 40 degrés centigrades ; mais, en bÎTer, elle varie entre 10 et 30 degrés, et la Tille ainsi que l'oasis dont elle fait partie forment alors un séjour des plus agréables, malheureusement trop peu connu des touristes et des malades, qui peuvent cependant s'y rendre en voiture et en toute sécurité.

A cause de Taltitude du pays, qui est de 117 mètres au-dessus du niveau de la mer. et de la pente naturelle du sol vers le sud. le climat de Biskra est naturellement sain et les fièvres y sont à peu près inconnues ; cependant les personnes non acclimatées qui y passent les mois de mars et d'octobre, sont exposées à voir poindre, sur leur corps, une excroissance, lente à pousser et aussi lente à disparaître, que l'on est convenu d'appeler clou, de Bidcra] ce clou, que l'on ne saurait mieux comparer qu'au fameux bouton d'Aîep^ dont il a, du reste, tous les caractères, ne respecte aucune partie du corps : il pousse indifféremment sur les joues, sur le front ou sur le nez, aussi bien que dans le dos, 'sur la poitrine, aux bras ou aux jambes, et il laisse toujours après lui une cicatrice plus ou moins apparente, selon le tempérament du malade ou la nature des soins qui lui ont été donnés, car les hommes de l'art en sont encore à rechercher les causes qui le produisent et, par conséquent, la médication préventive ou curative qui lui convient le mieux.

Quelques-uns ont d'abord attribué ce mal à la nature de l'eau ; mais des personnes riches, qui sont allées s'établir dans le pays, ont fait venir de l'eau de très-loin pour ne pas boire de celle de l'oued, et cependant elles n'ont pas été préservées.

A quoi faut-il donc attribuer cette désagréable

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