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CHAPITRE VII. S

^ens aisés sortent avec des lanternes, ce qui est iniiniment plus commode. La rue principale est bordée de denx lignes de divans en pierres on en terre, sur lesquels les habitants s'asseyent pendant les chaleurs pour faire la conversation.

Les maisons sont solidement construites en pierres ou en briques séchées au soleil ; elles se composent ^énéralementd'un rez-de-chaussée qui sert de magasin et d'un premier étage ; mais à part quelques-unes^ qui sont bâties aux ex trémités de la ville et détachées de la masse compacte des autres constructions, ces maisons n'ont d'autre ouverture extérieure que la porte d'entrée et ne reçoivent le jour que par un trou pratiqué dans la terrasse ; le rez-de-chaussée ne reçoit le jour que secondairement, par un trou pratiqué dans le plancher.

Chaque étage se compose d'une pièce centrale autour de laquelle sont d'autres petites pièces ou douera superposées, que l'on prendrait à première vue pour des armoires pratiquées dans l'épaisseur delà muraille; on arrive aux douera supérieures par des escaliers en terre construits autour de la pièce principale ; dans un coin de cette pièce, et ménagée entre une douera et la muraille, se trouve une sorte d'alcôve fermée par des rideaux ; c'est là que dort le chef de la famille, sur une natte recouverte d'un tapis.

L'intérieur de chaque maison est orné d'arabesques d'une exécution quelque peu barbare, et soigneusement blanchi à la chaux, mais si l'on y allume du feu, l'absence de cheminée en rend le séjour incommode, car la fumée n'ayant d'autre issue que l'ouverture par laquelle pénètrent en même temps l'air et la lumière, se répand bien vite dans toute la maison ; Il est vrai que la cuisine se fait ordinairement sur les

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terrasses. Ces terrasses communiquent toutes entre elles, de sorte que Pon peut aller d'une extrémité à l'autre dé la ville et mêm e en faire le tour sans mettre pied à terre. Toutes les maisons possèdent des lieux d'aisances, commodité que Ton ne trouve pas dans rOued Eirh.

Il serait difficile de parler des monuments de Khadamés, attendu qu'il n'existe pas de maisons dépassant le niveau général ; peut-être se rencontre-t-il, dans quelque mosquée, des ouvrages d'art remarquables ; mais après avoir sondé le terrain, j'ai dû renoncer à pénétrer dans ces lieux sacrés, afin de ne pas froisser les susceptibilités des Ehadamesiens, qui n'ont cessé de me témoigner le plus profond respect pendant tout le temps qu'il m'a plu de séjourner parmi eux. Les mosquées sont au nombre de dix, dont deux grandes pour les prières et huit pour les écoles.

La ville est divisée en deux grands quartiers^ autrefois ennemis et séparés par une muraille, qui sont: Béni' Oasit et Tescou^ lesquels se divisent eux-mêmes en quartiers secondaires ou Chouéra, Beni-Oasit forme quatre chouéra, qui sont : Teferfera^ Tengzîn^ Djeressen et Oulad-Bellil ; Tescou en forme deux : Béni- Drar et Beni-Masiq»

Quant à la population, tout ce que j'ai pu en savoir, c'est que la ville peut mettre de douze à quinze cents hommes sous les armes ; les magistrats eux-mêmes n'en savent pas davantage. Cette population, que j'estime à 7,000 âmes, se divise en deux classes : les nobles, ou Rhadamesiens propre ment dits, et les Atrias ou descendants d'esclaves affranchis. L'élément berbère s'est conservé ici dans toute sa pureté et quoique plusieurs Arabes se soient fixés dans la ville, les alliances sont très-rares entre eux et les indigènes,

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