‹ Le SaharaChapitre 119 sur 194 · CHAPITRE VII. 33k · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. 33k

de palmier ou de citron. Après lé repas, on prend lo thé ou le café, selon les goûts.

Les Ehadamesiens prétendent que leur pays est très-froid en hiver et très-chaud en été ; cela s'explique en ce que Poasis n'est protégée contre les vents par aucune plantation, par aucune chaîne de montagnes. En hiver, les vents du nord y font baisser la température presque jusqu'à la gelée, tandis qu'en été la température naturelle de l'oasis est forcément compliquée par le souffle brûlant des vents du sud et do l'est, et par la réverbération des rayons solaires sur les plaines de grès qui s'étendent aux alentours. Néanmoins, le climat y est naturellement sain, et par cela même que les eaux ne sont pas assez abondantes pour qu'on les laisse croupir dans les mares infectes comme celles que les gens de l'Oued Rirh décorent du nom de hàhar (mer), les fièvres n'y régnent pas à l'état endémique ; elles y étaient même inconnues lorsque, il y a deux ans, m'a-t-on dit, au moment des chaleurs, une fièvre maligne a éclaté tout à coup dans les quartiers à l'ouest de la ville. Cette fièvre débute par une forte douleur à la tête, au milieu du front, et par des douleurs aux articulations des bras et des jambes; si^ au bout de huit jours, la langue et les gencives du malade deviennent noires, il est sauvé j si, au contraire, elles deviennent rouges, il ne tarde pas à mourir. Cette fièvre, dont les premiers symptômes ont été remarqués peu de temps après la rentrée des pèlerins de la Mecque, et qui disparaît avec les chaleurs, a éclaté avec moins de force l'été dernier.

Les autres maladies auxquelles les Khadamesiens sont sujets sont : une affection herpétique assez semblable à la syphilis héréditaire, que j'ai observée chez un grand nombre de sujets, hommes et femmes, et les

manx d^enx occasionnés, comme dans toutes les oasis du Sahara, par le passage sans transition de l'obscurité des habitations et des rues à la vive lumière du dehors.

Il n'existe pas de médecin dans le pays ; celui qui irait s'y établir serait le bienvenu.

L'instruction est donnée par des tolba (savants) dans huit mosquées ou djamât et tolba ; les garçons apprennent à lire, à écrire et à compter : là se borne leur instruction profane ; comme instruction religieuse, on leur apprend la prière et on leur explique le Coran. Quant aux filles, elles ne se rendent aux écoles que la nuit et uniquement pour y apprendre la prière.

L'oasis renfermait, en 1873, époque du dernier' recensement, 24,000 palmiers en rapport. Ces palmiers produisent des dattes de quatre qualités : les degletnour^ qui sont les plus estimées, y viennent en petite quantité ; les tïssiouen^ petites, presque rondes, moins suci^ées que les deglet-nour ; les medrhioua^ noires, allongées c«mme les dattes ordinaires, sèches, dures et peu sucrées, et les temoudî, qui ressemblent aux précédentes, mais qui sont plus molles et plus sucrées.

Comme dans l'Oued Rirh, on décapite les vieux palmiers pour en tirer la sève ; mais les Rliadamesiens ne boivent le Za^/mi que frais et ne le laissent fermenter que pour se procurer un vinaigre qui, tant par la couleur que par le goût, peut soutenir la concurrence avec nos meilleurs vinaigres de vin; on fait encore du vinaigre avec du jus de citron, mais en petite quantité.

Le sol produit encore des figuiers, des abricotiers que j'ai vus en pleine floraison le 15 février, des pêchers, quelques treilles, quelques amandiers, beaucoup de grenadiers, de l'orge en toutes saisons ; des

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