‹ Le SaharaChapitre 13 sur 194 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

de sable de 2 à 3 mètres de hauteur, surmontés de quelques touffes de palmiers nains.

Cependant, il me sembla Toir encore quelques collines onduler à ^horizon; mais elles s^effacèrent comme 1^ reste, et bientôt il ne resta plus rien qu^un horizon aussi uni que celui de la mer.

Au lieu où la vision s^était produite, je me trouvai sur un sol sablonneux, humide et couvert d^une épaisse couche de salpêtre.; quelques roseaux d^un mètre à 1™ 50 de hauteur poussent çà et là, au milieu de la flore ordinaire du Sahara, aussi rare que peu variée, dont les sujets couronnent ordinairement de petits mamelons de sable isolés les uns des autres de 1 à ô mètres, et dont les proportions dépassent rarement celles d'une grosse taupinière.

Telles sont les circonstances dans lesquelles s'est produit le premier mirage que j'aie observé dans le Sahara ; depuis j'ai été à même d'observer d'autres phénomènes de ce genre, mais toujours dans des dépressions humides et salines. Je ne manquerai jamais de les décrire aussi exactement que possible, chaque fois que l'occasion s'en présentera.

Le 18 décembre, j'appris avec le plus grand plaisir que l'agha de l'Oued Rirh et du Souf, Si Mohammed ben el Hadj ben Driss, à qui j'étais recommandé par M. le général Chanzy et par M. le général de Lacroix- Vaubois, venait d'arriver à Biskra où il devait passer quelques jours avant de se rendre à Touggourt, chef-lieu de son commandement; on me dit qu'il devait descendre à l'hôtel du Sahara, où j'étais moi-même installé depuis mon arrivée; il y vint, en effet, dans l'après-midi, et je m'empressai de lui remettre les lettres dont j'étais porteur.

Si Mohammed, qui avait été déjà prévenu par

M. le commandant Crouzet, me fit l'accueil le plus aimable ; il m'assura qu'il ferait le nécessaire pour que mon voyage pût s'effectuer dans toutes les conditions de sécurité voulues, et il s'engagea à me procurer des guides tels que toute trahison d^ leur part serait impossible ; il me promit, en outre, des lettres pour les nombreux amis qu'il possède dans les différentes parties du Sahara, il me proposa de faire route avec lui jusqu'à Touggouat et de passer queU ques jours dans cette ville, dont il ferait tout pour me rendre le séjour agréable. Mais je ne pus partir en même. temps que l'agha, qui quitta Biskra le mardi ' 29 décembre pour se rendre au chef-lieu de son commandement.

J'attendais de Constantine , outre les sommes d'argent votées par le Conseil général et la municipalité, un envoi d'armes, de bijoux et autres objets destinés à être donnés en cadeaux aux chefs des contrées que je devais traverser, et ce ne fut que le 31 décembre que je pus recevoir le tout, malgré l'activité déployée par M. Bourgon, employé à la mairie, qui s'était mis à ma disposition avec un véritable dévouement.

Je pris aussitôt à mon service un jeune Soufi, Mohammed ou Ali ben Embarek, natif d'El Guemar, qui avait déjà fait, à V Hôtel du Sahara^ un petit apprentissage culinaire, et dont la conduite n'avait rien laissé à désirer pendant les quelques années qu'il avait passées à Biskra.

Ali est un grand et vigoureux gaillard de 18 ans, son visage est fortement bronzé, mais ses traits sont réguliers ; sa physionomie est ouverte et intelligente et il parle assez bien le français.

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