CHAPITRE Vin
^énieur Duponchel, de Montpellier, parce qn^il a osé, de sa propre initiative, produire un projet de chemin de fer à travers le Sahara ? Ce projet est prématuré, il est vrai, parce que les contrées que doit traverser la voie ferrée sont en grande partie inexplorées ; mais «i, au lieu d'organiser des explorations officielles qui n'ont jamais abouti, on eût encouragé les homme? de bonne volonté qui de tout temps se sont offerts à parcourir ces contrées, le projet de M. Duponchel ne «erait pas prématuré ; il serait mûr, au contraire, et dès maintenant réalisable.
Mais, pas plus que M. Eoudaire, M. Duponchel n'est l'homme à se décourager. Du reste, avant qu'il 49oit longtemps, l'établissement de ce chemin de fer deviendra une nécessité qui s'imposera d'elle-même, et l'honneur de cette grande conception appartiendra toujours tout entier à l'éminent ingénieur de Montpellier.
Le commerce d'échanges entre le Soudan et le littoral ne date pas d'hier; les Garamantes et les Phazaniens, peuples qui furent assujettis par Cornélius Balbus l'an 19 avant J.-C, furent autrefois les intermédiaires de ce commerce ; les marchandises étaient transportées d'abord à Garama et à Cydamus, d'où elles étaient ensuite dirigées soit vers le nord, soit vers le nord-est, en Egypte.
Ce commerce subit de nombreuses fluctuations, et tomba en décadence pendant la période d'invasion des conquérants arabes ; mais il se releva plus tard, <et Ouargla eut ses époques de splendeur comme tête de ligne de caravanes et principal entrepôt des marchandises qui venaient du nord par Touggourt, ou du sud par le Hoggar où un grand marché était établi.
Aujourd'hui, le commerce du Soudan échappe
complètement à l'Algérie, dont les caravanes ont abandonné les routes pendant la période de la conquête. Les Anglais ont habilement exploité la situation pour s'emparer des têtes de ligne ; en gens pratiques et prudents, ils ont même réussi à détourner les cara* vanes du voisinage de l'Algérie. Sur leur instigation, les Turcs ont occupé, il 7 a trente ans, la ville de Bhadamès, afin d'empêcher les négociants de cette ville de se rendre à Tunis qui était alors leur unique débouché,. et les obliger d'aller à Tripoli qui est bien plus^ éloigné du territoire algérien, et par conséquent de l'influence française.
Les produits du Soudan sont actuellement dirig4» sur les ports du littoral méditerranéen par les voies et moyens suivants :
Des pays de production, les marchandises sont d'abord transportées sur les deux grands marchés sahariens, qui sont : Khât au sud-est et Tinbouktou au sud-ouest. Sur ces deux marchés se rendent, dès la fin de l'été, les caravanes de toutes les parties de l'Afrique du nord, chargées des produits manufacturés de l'Europe et du littoral méditerranéen.
Rhât est surtout fréquentée par les gens de la Basse- Egypte, du Fezzan, de Rhadamès et d'Aïn Çalah. Les marchands de la Haute-Egypte opèrent principalement dans le Darfour et se rendent dans les ports de la mer Rouge où ils vendent aux Anglais.
Les caravanes de la Basse-Egypte s'en retournent par Mourzouk, d'où elles se rendent au Caire par l'oasis de Sioua ; les marchandises qu'elles transportent sont achetées par les Anglais d'Alexandrie qui les dirigent sur Malte.
Les caravanes de Rhadamès transportent d'abord leurs marchandises dans leur ville, où elles sont entre-