‹ Le SaharaChapitre 140 sur 194 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

neuse couverte de vé gétatîon. Or, c'est sur cette route a,bandonnée que se trouvent aujourd'hui les plus hautes dunes de l'Erg.

En voyant ces masses, déjà hautes de 500 mètres, :grossir encore avec r apidité, on se demande forcément d'où viennent les sables qui les alimentent, cardans le pays même, les parties de la carapace qui sont demeurées intactes étant couvertes par les dunes, il n^st pas possible qu'elles puissent encore alimenter «elles'ci.

Mais lorsque le vent du sud-est souffle avec force dans ces parages, le do ute n'est plus permis: onlevoit chasser d'énormes quantités de sables qui viennent de «cette direction. C'est donc vers le sud-est qu'il faut ■aller chercher le grand foyer qui alimente ces dunes «a point d'en faire de véritables montagnes, et ce foyer, nous le trouverons en effet à l'est et au sud-est de Rhadamès ; nous le verrons éteint, ou à peu prés, dans la partie qui regarde les dunes, qui ne grossissent plus qu^insensiblement de la région de Bir ed Djedid et de Berr es Çof, que je devais traverser au retour, et encore dans toute son activité dans la partie qui regarde le Zemoul Akbar, où les oughroud continuent de grossir avec rapidité.

Une remarque que l'on peut faire sur les bords de la mer, où les sables proviennent des roches broyées snr les côtes par les lames, peut être faite également dans l'Erg, où les sables proviennent des roches désagrégées par les influences atmosphériques et pulvérisées ensuite par les vents : c'est que les masses arénacées sont toujours moins élevées près du foyer d'alimentation qu'à une certaine distance de ce foyer.

Il est bien entendu que tout ce qui précède se rapporte exclusivement aux parties du Sahara que

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j'ai travenées. Il existe, but d'antree points dtt Grand Désert, nombre de parties sablonnenaes qu'il ne m'a pas encore été donné d'étudier, et qui peuvent avoir leurs foyers d'alimentation an and, à l'onest ou même au nord; cela dépend de la force et de la constance des vents qui régnent dans ces parages.

Je ne parlerai ici que pour mémoire des di£B&reiites théories qui ont été émises sur la formation des dunes.

D'aucuns prétendent que les grandes dnnes sont des montagnes de grés qui se sont polyérisées sur place; d'autres croient que la croûte terrestre, brisé» par un soulèvement, a mis à nu des sables qui wb sont ensuite répandus sur ces contrées.

Je détruirai le premier système par nue simpl» comparaison : supposons que les Alpes qui sont à l'est de la vallée du Léman, complètement dénudées, soient formées de roches de même natnré que oelles du Sahara, et que ces roches se désagrègent sous les influences atmosphériques ;' est-il admissible que le sable, produit de ces roches, demeure sur place, et qu'aussitôt formé, il ne soit pas chassé par les vents jusqu'à ce qu'il soit arrêté par un obstacle comme le Jura, par exemple, où il s'accumulera pour former des dunes ? Ou bien, en admettant même que ce sable demeure sur place, croit-on que les roches continueront à se désagréger jusqu'à la base de la montagne, et que le sable de la surface ne protégera pas les roches inférieures de la désagrégation ?

Quant à l'autre système, il n'est pas besoin d'aller dans l'Erg pour le réduire à néant ; il suffit de jeter en passant un simple coup d'œil sur ce qui se passe actuellement dans l'Oued Rirh, où l'on voit la carapace rocheuse se désagréger et les dunes commencer à se former à quelques pas autour des plus minces obstacles.

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