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CHAPITRE IX

Etant admis qu'il y a eu autrefois un soulèvement de la croûte saharienne, ce soulèvement n'a été nulle part assez violent (du moins dans les contrées que j'ai explorées) pour amener à la surface des couches arénacées inférieures.

Dans toutes les parties de l'Erg, et notamment dans des endroits où les dunes dépassent 100 mètres d'altitude, les vents ont creusé, entre les oughroud, des ravins étroits et profonds sur les parois desquels on voit parfaitement la carapace de grès encore intacte, disposée verticalement ou faihlement inclinée; cette carapace, qui n'est jamais hien épaisse (un mètre en moyenne), recouvre toujours une couche soit de craie blanche, soit de calcaire gypseux, ou encore quelques petits dépôts de dolomie' alternant avec les jcouches précédentes. Sous la craie, j'ai pu observer quelquefois l'argile verte ou marne verte très-argileuse, dans laquelle je n'ai découvert aucune trace de fossiles, ou bien encore une marne gypseuse, jaune comme du souj^e. notamment sur les bords de la sebkhat el Melah et dans les parties profondément usées du hamada, à Test de Rhadamès.

Du reste, la constitution géologique de cette partie du Grand Désert n'est pas la même, du moins quant à la surface, que celle du Sahara algérien, où la sonde a rencontré plusieurs couches arénacées à différentes profondeurs.

J'ai dit plus haut : U peut se faire que, généralement, les dunes aient commencé à s^ former sur place. Cela paraîtra peut-être paradoxal, et les per-sonnes qui lisent ces lignes seront portées à se demander :

Si les grandes dunes qui sont à Touest et au nordouest ont commencé à se former sur place, comment

37l] DBUXitUE PARTIE.

so tait'il que des danes no se soient pas formées, de la même façou, dans les plaines qui sont à l'est et an snd-est ?

A cela je répondrai : Cela tient à la conâgaration du sol. A l'oueat et au nord-ouest, le pays était accidenté et les sommités devaient être couvertes de quelque végétation ^ le sable, produit de la désagrégation des roches mises à nu, à peine soulevé, a été arrSté par ces sommités,' de là le commencement des oughroiid, dont la plus grande partie recouvrent de petites collines dont la base est souvent visible,

A l'est et au snd-est, au contraire, s'étendaient des pleines immenses, parfaitement unies, sans doute pierreuses et ne nourrissant que peu ou point ds végétation. Les sables, dès qu'ils ont commencé à se former dans ces plaines, ont été, comme partout, soulevés par les vonts, et comme aucun accident de i terrain n'existait pour les arrêter et les retenir, ils ont été chassés vers l'ouest et le nord-ouest, où ila ont renoontré, sur des hauteurs boisées, des dunes en voie de formation.

Eu examinant attentivement cette terrible révolutiou qui s'accomplit sons les yeux de l'observateur, on est obligé de reconnaître là la main de Dieu, et l'on ne peut s'empêcher d'admirer la sagesse infinie de Celni qui préside aux lois de la nature.

La grande révolution météorologique qui a bouleversé cette partie de l'immense désert touche à Bon terme ; elle est, sur plus d'un point, entrée dans sa période de décroissance.

Ces plaines de l'est et du sud-est, qu'aucun cours d'eau n'arrosiùt plus et que la pluie ne venait jamais féconder; ces plaines abandomiées parles animaux eux-mêmes, si arides que les caravanes les mieux

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