CHAPITRE X
retenues aux pieds par des lanières de cuir qui passent «ntre les orteils. Quelques riches portent de jolis bemous en drap rouge.
Leur armement consiste en une longue lance, un «abre droit à deux tranchants, un large poignard et un bouclier en cuir. Très-peu se servent du fusil et encore jettent-ils cette arme après la première décharge, pour se servir de leur longue lance dont le maniement leur est plus familier. Ils combattent montés sur de légers mahara (singulier mahari)^ chameaux coureurs avec lesquels ils franchissent, en peu de jours, d'immenses étendues de pays.
Les femmes, qui ne sont jamais voilées, sont généralement belles ; elles sont grandes, élancées, bien proportionnées, quoique généralement un peu maigres. L'embonpoint est chez elles le signe de beauté par excellence ; leurs grands yeux expressifs s^ouvrent «ous des sourcils noirs parfaitement arqués ; le nez est bien fait, la bouche petite et les lèvres plutôt minces qu'épaisses ; la tête est ovale et les traits trèsréguliers ; en somme, leur physionomie ouverte et intelligente, serait très-agréable, si elles n'avaient la déplorable manie de se teindre le visage et les autres parties du corps avec de l'indigo et de se faire une raie rouge sur toute la longueur du nez ; elles prétendent que cet usagé les préserve des maladies. Les femmes imouchar, à qui l'usage du peigne est inconnu, partagent leurs longs cheveux au milieu de la tête et les arrangent en une infiiiité de petites tresses, qu'elles réunissent e nsuite par leurs extrémités en trois mèches, -deux recouvrant les oreilles et la troisième tombant entre les épaules : à ces mèches sont suspendues de petites pelotes rouges ; dans les mèches des côtés sont passées de larges boucles en argent, trop lourdes
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Outre sa dot paternelle, qui consiste en un certain nombre dé chameaux, la jeune fille reçoit, de son fiancé, une autre dot de même nature ; l'avoir constitué par ces deux dots réunies appartient exclusivement à la femme, sans que le mari ait jamais le droit d'en disposer, n résulte de cet usa^e que la fortune des Imouchar, laquelle consiste surtout en troupeaux de chameaux, de chèvres et de brebis, est presque toute entre les mains, dés femmes, dont l'existence, quoi qu'il arrive aux maris, se trouve ainsi assurée.
Devenue épouse, la femme imouchar est libre comme l'est la femme en Europe ; c-'est-à-dire qu'elle peut sortir librement, le visage découvert, pour vaquer à ses occupations ; elle fait partie de la société et sa