II
tt.i' ^'■' «tii,.t ...'lin n^TSt;! iM .i)(i;
'■■■■"I fi.l J
CHAPITKE XL
La fin d'an voyage.
Pendant mon séjour dans le Sahara^ je n'ai cessé de faire des recherches sur la fin malheureuse de Doumaux-Dupéré et sur les causes qui ont amené ce désastre. A EhadamèsJ'ai enfin pu savoir comment il avait fini ainsi que ses compagnons.
Le but de Dournaux-Dupéré était le même que je poursuis aujourd'hui, à savoir: trouver une route centrale de commerce entre l'Algérie et le Soudan.
Le voyageur avait de grandes ^ qualités ; il avait surtout le courage nécessaire pour mener à bonne fin une entreprise très-difficile ; mais il était aussi imprudent que courageux, et c'est ce qui fut cause de sa perte.
Dournaux-Dupéré était à Biskra en novembre 1873. C'est là qu'il apprit la mort d'El Arbi Mamelouk, successeur d'Ali Bey au caïdat du Souf, qui fut assassiné le 25 novembre à Hassi ben Mellou. On a accusé les chefs de la zaouYa de Temacin d'être les promoteurs de ce crime ; il est vrai qu'El Arbi Mamelouk n'était pas leur ami, mais aucune preuve ne fut publiquement établie contre les marabouts, qui furent laissés en liberté ; cependant le chef des assassins, le
souti Hamayed Djamaï, évita le châtiment en se réfugiant dans le Nefzaoua.
Il n'est pas probable que cet événement ait eu quelque influence sur le sort de Bournaux-Dnpéré ; mais il n'en fut pas de même de la guerre qui existait alors parmi les Imouthar.
Dans les derniers jours de décembre, le voyageur arriva à Touggourt où un négociant français, établi dans le pa^s, M. Grès, mit sa maison à sa disposition.
C'est à Touggourt que Dournaiix-Dupéré fit la
pagaon de M. Henri Duveyrier, dont l'orgueil et l'enthousiasme irré6échi ne devaient pas peu contribner à leur perte commune ; c'est là anssi qa'il connut M. Joubert, le négociant aventureux qui devait partager leur sort.
A cette époque aussi passa k Touggonrt un homme dont j'ai pu depuis apprécier les rares qualités: Si Mohammed ben el Hadj beu Driss était alors agha d'Ouargla et il se rendait à son poste. Il iuvita DotirnauK-Dupéré à aller passer quelques jours au cheflien de son commandement, et ce dernier ayant accepté, ils se rendirent ensemble à Onargla.
Pendant qne le voyagenr était là, an sein de l'hospitalité comme l'agha seul sait la pratiquer, il sut qne dans une rhazia que Si Saïd, frère de Si Mohammed, avait faite snr la smala du faux chérif Bon Cboncha, qui écnmait alors le Sahara, le bouillant spahis avut tné, de sa propre main, nn chef Hoggaren ami d'EI Ha^ Ahmed ; dans la même affaire nn sonfi, Aonn ben menacer, avait 5té la vie au frère d'nn CbAambi révolté, nommé Bon SaTd, de la tribu des Oalad Bon-Zid.
Si Saïd et le sonfî avaient bravement fait leur