CHAPITRE xn
je leur avais faite d'écrire à Pagha de Touggourt, mes âonafa me remercièren^obattdement Je leur offris à chacun une tasse de café et ils me quittèrent en se félicitant fort de m'être venus trouver.
Plus tard, j'appris avec satisfaction que, grâce à l'action énergique de Si Mohammed ben Driss, les chameaux avaient été rendus à leurs propriétaires.
Le lundi 22, mon guide vint me faire ses adieux. Il convient de dire que Fintention première de Rabah avait été de me reconduire à Touggourt par El Oued ; mais plusieurs motifs Pavaient porté à changer de détermination. La maladie de ses chameaux, sur laquelle il s'étendit longuement, n'était qu'un prétexte.
Les gens de Rhadamès manquaient de dattes et plusieurs lui avaient demandé pourquoi il n'en avait pas apporté, attendu qu'il aurait pu les vendre trèsavantageusement.
Ayant appris par Ali que la fidélité de mon guide paraissait ébranlée par l'appât du lucre, je lui proposai de lui avancer la somme nécessaire à l'achat d'un autre chameau, somme dont il m'aurait remboursé la moitié seulement à notre rentrée à Touggourt.
Cette proposition parut un moment séduire l'avare Châàmbi; mais, après réflexion, il persista dans sa résolution de s'en retourner seul par les grandes dunes, en me disant que ses trois chameaux étaient dans un tel état, qu'en son âme et conscience il lui était impossible d'accepter Poflre que je lui faisais, quelque avantageuse qu'elle fût II me pria de lui donner une lettre pour Pagha de Touggourt, afin, me dit-il, qu'il sache bien que je t'ai conduit ici sans accidents et que tu n'as rîen à me reprocher.
Je savais depuis longtemps que les Souafa et les
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Cba&mba étaient loin d'être amis, surtout depuis le Bac d'£l Oneioar, anquel ces derniers prirent part en grand nombre sons la conduite de Bon Cboncha; mais j'ignorais que Knbab fût leur ennemi intime. Or, quelqu'un vînt me faire tout bas cette confidence.
Mon guide donc ayant reconnu, parmi les g'eas du Sonf alors présents k Rhadamès, quelques individus qui avaient de vieux comptes k régler avec lui, avait jugé prudent de ne pas s'embarquer sur une route que, du reste, il ne connaissait que très-îniparfaiteiaent et sur laquelle il craignait d'être rhazé. Il avait calcnlé, en outre, qu'en se présentant cbez l'agha de Tonggourt avec une bonne lettre de moi, il était certain de recevoir une récompense qui le dédommsgerait an peu des avantages que je lui avais offerts et que les oirconstances ne lui avaient pas permis d'accepter ; enfin, il reviendrait à Khadamès avant les Souafa ses ennemis qui, sachant comme lui que les dattes manquaient dans la ville, se dépêcheraient d'aller dans leur pays faire ample provision de celte préeieme denrée, et lea bénéfices qu'il réalisarait ùnsi achèveraient de le dédommager.
Je remis donc à Eabah la lettre demandée ponr l'agba de Toaggonrt, je lui fis encore quelques petits cadeaux et le mSme jour il reprit, avec son fils st ses disraeanx, le chemin des grandes dnnes pour se rendre & Ouargla.
Dans la soirée, le caïmacam et le bach-agha vinrent me proposer, pour le lendemain, une vîaite aux raines d'une rille ancienne qui exbtent sur une gara isolée, à nue assez grande distance et an' nord-ouest de Foasia. J'acceptai avec le pltis grand plaisir et rendez-vous fut pris pour le lendemain vers 9 heures, aux portes de la ville.
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Tout le monde, excepté le jenne fils du gouyerneur, se trouvait au rendez-vous vers 9 h. 1/2. Pendant que nous étions là à attendre, un homme, un barbier, je crois, s'approcha d'Ali et lui dit à voix basse, mais de façon à ce que je l'entendisse cependant :
€ — On dit dans le pays que ce Sidi est un grand médecin. J'ai une femme que j'aime beaucoup et qui a fait un enfant la première année de notre mariage y mais il y a cinq ans de cela, et depuis elle n'a jamais pu en faire d'autre. Crois-tu que le Sidi pourrait la guérir?»
Voyant qu'Ali tardait à répondre et craignant qu'il n'ouvrît la bouche que pour se moquer de ce pauvre homme (car les Souafa ont quelque peu du caractère gaulois), je lui donnai un grand coup de coude dans les côtes. U répondit alors à son interlocuteur, sur un ton qu'il s'efforçait de rendre sérieux :
€ — Assurément que le Sidi pourrait guérir ta femme ; il en a guéri beaucoup d'autres ; mais il faut absolument que tu la conduises chez lui, afin qu'il puisse se rendre compte de la gravité de la maladie.»
Le barbier se retira sur cette réponse, mais je ne le vis jamais chez moi avec son aride moitié.
Nous nous mîmes en marche à 10 h. au petit trot de nos montures. La caravane se composait du caïmacam, de son fils, du bach-agha, de Si El Hadj Attiya, de votre serviteur et d'Ali. Une escorte de douze cavaliers nous accompagnait: six marchant en avant pour éclairer la route, et six en arrière, à une distance de cinquante pas environ.
Nous laissâmes à notre gauche les mausolées anciens, ainsi que la tour ronde à moitié ruinée qui s'élève à une faible distance, et nous nous dirigeâmes
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vers le nord-ouest, en suivant une dépression k fond de calcaire gypseux, bordée à droite et à gauche de petites hauteurs abruptes formées de roches de grès, dont la décomposition est également très- avancée à la surface. La largeur de cette dépression peut être de deux kilomètres.
Après avoir parcouru dix kilomètres environ, nous arrivâmes près de deux puits, appelés les puits de Souani^ éloignés Tun de Pautre d^une centaine de mètres. Nous mîmes pied à terre près du premier, qui est entouré d'un petit champ protégé par un mur en terre, au milieu duquel végètent quelques jeunes palmiers ; ce puits est creusé dans une migme verdâtre que Pon avait rencontrée à une profondeur de 50 centimètres, sous la couche de calcaire ; il n'a ni seuil ni coffrage. Son ouverture^ de forme irrégulière, peut avoir 4 mètres de diamètre ; Peau, qui est à 3 mètres, a une température de 16 à 18o (je ne puis le dire exactement, ayant oublié d'emporter un thermomètre) ; elle contient quelque peu de magnésie en dissolution. On tire cette eau au moyen de deux bascules, auxquelles sont suspendus des seaux en feuilles de palmiers, et on la fait couler dans le champ d'orge au moyen d'un tronc de palmier creusé en forme de conduit. L'autre puits est à moitié comblé par suite d'un éboulement.
A partir des puits de Souani^ la dépression dans laquelle nous avions marché tourne brusquement au nord; dans le coude formé par ce changement de direction, à 1,500 mètres environ des puits, s'élève une gara de forme ronde, haute de 50 mètres, dont le sommet est couronné de deux murs d'enceinte circulaires très-bien établis en moellons bruts de grès, mais sans trace de ciment, et qui peuvent avoir 4 à