‹ Le SaharaChapitre 156 sur 194 · CHAPITRE ZII · texte numérisé non relu

CHAPITRE ZII

5 mètres de hauteur. Où monte par un sentier en colimaçon. En montant, on rencontre, presque immédiatement au-dessous de la première enceinte, l'entrée d'un souterrain taillé dans le roc vif, qui cpmmunique à un puits d'une très-grande profondeur. On franchit la première enceinte, qui s'élève en contre-has de la seconde de cinq mètres à peine, par une trouée assez large, faite du côté de l'ouest; et l'enceinte supérieure, qui couronne le sommet de la gara, par une autre trouée pratiquée au-dessus de la première. On se trouve ensuite sur une plate-forme horizontale, circulaire, de 46 pas de diamètre, sur laquelle s'élèvent, à un mètre au-dessus du sol, une trentaine de petites maisons de 7 pas de long sur 4 de large, dont l'intérieur est creusé de 50 centimètres; ces petites maisons sont construites en moellons bruts de grès saharien, sans ciment; il ne leur manque que la toiture, laquelle était à double pente et très-inclinée, à en juger par les murs des façades latérales. Du côté nord-est s'élève une maison bien plus vaste et plus élevée que les autres, percée de deux petites fenêtres qui regardent la plaine. Du côté opposé s'ouvre, à ras du sol, et ayant un mètre de diamètre, l'ouverture du puits auquel communique le souterrain percé sur le flanc de la gara. Ce puits doit être très-profond (les indigènes disent qu'il a été creusé par les génies jusque dans le centre de la terre), mais il ne m'a pas été possible d'en déterminer la profondeur. Le souterrain, par lequel on entrait sans doute dans la ville à l'aide d'une échelle, devait se trouver au niveau de la plaine avant Tusure de celle-ci, et c'est aussi l'opinion des gens du pays. Ces ruines, en bon état de conservation, ont une grande ressemblance avec les villages kabyles qui s'élèvent jusque sur les

On me dit que cea rninea étaient celles d'une vïllA' . appelée Tekout, mais lea plus anciens dn pays n'oi^ ] conservé aucun souvenir de ses habitants ni de l'épo* '.

que à laquelle elle fat abandonnée. Aucune Iégendt)>] ne s'y rattache, si ce n'cat que les indigènes sont pePi ' Ruadés que d'immenses trésors sont cachés dans le flanc de la gara; mais une terreur superstitieuse les emp@cbe d'y pratiquer des fouilles ; ils croient que ces trésors sont gardés par des djenoun (génies) et i^ue ces esprits malfaisants entraîneraient au fond du puits, où ils le dévoreraient sans pitié, quiconque serait assez hardi pour bouleverser les mines. On cite l'exemple d'un Nègre, qui disparut ainsi et dont on n'entendît plus jamais parler.

Cependant, moins superstitieux qne ces bonnes gens, j'aurais vivement désiré y faire quelqnes fouilles, non point dans l'espoir d'y découvrir un trésor, mais seulement dans le but de trouver quelques indices qui passent me permettre d'en déterminer l'ancienneté ; mais le temps, l'argent et l'ontillage nécessaires me manquant, je dus renoncer à ce projet.

Cette chevauchée nous prit tout le reste de la journée, car nons noua en retonrnfimes au petit pas et nous ne rentrâmes dans la ville qu'à la tombée de la nuit.

Cependant, mes pourparlers étaient en bonne voie iShadamès,- j'avais vu, isolément ou par groupes, les membres de la Djemita et dn Medjelès, ainsi qne les principaux négociants; tons se montraient pleins d'enthonsiasme à l'idée d'aller trafiquer dans le sud de l'Algérie et surtout de pouvoir aller faire leurs achats dans nos manufactures. J'avais demandé du

Page 1