CHAPITRE XII
Conseil un écrit qui fût Pexpression de leurs bonnes dispositions, et Pon m'avait promis que j'aurais cet écrit avant mon départ.
Mais^ outre que le gouverneur ne se souciait pas de me laisser partir, j'étais moi-même très-embarrassé pour trouver un guide et des chameliers qui voulussent me conduire au moins jusque dans le Souf, où j'aurais pu procéder, au besoin, par voie de réquisition.
Il y avait bien, à Rhadamès, plusieurs caravanes de chasseurs Souafa, et j'avais chargé Ali de s'aboucher avec les chefs de ces caravanes ; mais ces gens ne se souciaient nullement de se charger de ma personne, parce que, disaient-ils, on les rendrait responsables des accidents qui pourraient m'arriver en route, et le souvenir du malheureux Nacer ben Kina, leur compatriote, retenu en prison comme accusé d'avoir trempé dans l'assassinat de Dournaux-Dupéré, les rendait intraitables.
Si Mohammed bou Aïcha me disait de patienter, que lorsque le moment serait venu, il me donnerait une escorte pour me conduire à Tripoli, d'où je gagnerais TAlgérie par mer; mais je tenais beaucoup à voir la route du Souf et surtout le puits appelé Bir ed Djedidy qui n'avait encore été vu par aucun explorateur. Je remerciai donc le brave gouverneur, en lui disant que j'étais obligé de passer par El Oued.
Cependant Ali continuait ses démarches, qui finirent par être couronnées de succès. Le samedi 27 février, il me présenta Un de ses compatriotes, le nommé Bel Kacem ben Bachir, de la tribu des Rebâïa, auquel je fis le meilleur accueil. C'était un petit homme, d'une trentaine d'années, d'une taille un peu au-dessous de la moyenne, solidement constitué et à physionomie
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intelligente. Il était lui aussi très -hésitant, mais un ilonro, que je lui glissai dans la main, comioença à changer ses dispositions; il finit par me dire au'il serait trÈB-désireux de me conduire à El Oued, mais qu'il ne pouvait me louer qu'un seul chameati. Après quelques instants de réflenion, il ajouta qu'un individtt de sa troupe pourrait me louer un second chameau,
i — Il me faut absolument trois chameaux, lui disje, en lui glissant dans la main deux autres douros, et je compte sur toi pour me les procurer. »
Les trois douros produisirent un effet merveillenx : Bel Kacera me quitta en me juraut qu'il finirait bien ■ par me déterrer mes trois chameaux et même davantage, sij'ena\'ais besoin.
Le lendemain, dimanche 28, le gouverneur vint me prendre au saut ou plutôt au lever du lit (car je couchais sur une peau de tigre étendue sur une Datt«), pour m'anuoncer que les Kbar de Rfaadamés, réunis dus on menitvv de U DJemfts, m'uttcmâ^eat pour m'ôfl&ir une diffa ' préparée h la Thadamiesien.ne- J'achevai de 'm'hahiller au galop, en ayant soin de passer une gandoura dn pays que j'avais achetée an précédent marché; pois, accompagné d'Ali, je sniris le gouverneur.
Nous entrâmes dans nue salle assez vaste o& se trouvaient réunies vingt-six personnes, y compris quinze esclaves on serviteurs. Le gouverneur, qui marchait devant, m'ayant annoncé à la société, denx vieillards 8*a:vaucèrent pour me sonhùter la hienvenue «t s'informer de l'état de ma santé; puis je as le tour
* Dérive do vahfHtuiat ihafa, itre inviU à «n repat; d'où tOiifa, repat, lioipitaHU. Cest donc i. tort que l'on écrit difa.