CHAPITRE XII
le même langage aux gens du peuple parmi lesquels il s'était fait des amis, et tous se montrerait émerveillés de notre respect pour la religion musulmane, surtout lorsqu'ils surent qu'un temple musulman avait été édifié à Paris même, à l'époque où le^ spabis et les tirailleurs y tenaient garnison.
Satisfaits de mes déclarations, plusieurs négociants, parmi lesquels Si El Hadj Attiya, me dirent qu'ils étaient disposés à me suivre en France pour visiter nos manufactures et j faire des achats. Je leur fis observer que mon intention était de conduire à Bbadamès, l'biver suivant, une caravane de négociants français, et que ces mêmes négociants les guideraient, en France, dans toutes les villes où se £abriq«e&t les produits qui leur sont nécessaires.
En effets craignant que les négociants deKbadamès, gens fort timides de leur nature, n'hésitassent, malgré les engagements pris, à se rendre en nombre sur nos marchés du sud, je pensai qu'en conduisant là-bas des délégués des Chambres de commwoe porteurs de pacotilles choisies avec soin, afin de nouer chez euxmêmes les premières relations commerciales, les Bhadamesiens n'hésiteraient plus ensuite à envoyer leurs caravanes en Algérie.
Voulant, en outre, ménager aux hommes de science l'cocasion de faire en toute sécurité un voyage fructueux, je demandai si des savants seraient les bienvenus dans le pays. On me répondit unanimement que certainement des savants seraient très- bien accueillis, surtout des ^arUspotia' Veau^ parce que leur source tendant à diminuer, ils se voyaient contraints
de s'étendre exploitent cet état de choses avec profit J'ai recueilli, sur cet important si^et, nombre de notes édifiantes que je me réserve de publier en temps opportun.
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de resserrer, chaque année, les limites de leur oasis. Ils m'assurèrent même qu'ils étaient disposés à faire tons les sacrifices, pour avoir des puits artésiens dans le genre de ceux que les Français avaient établis dans rOued Birh, et dont les Souafa leur avaient fait des descriptions merveilleuses.
Le terrain ainsi préparé pour la partie commerciale de ma mission, je me présentai, dans l'après-midi, devant le Conseil de Medjelès et les principaux négociants réunis officiellement pour m'entendre.
Lorsque j'entrai, en compagnie du caïmacam, dans la salle où le Conseil était réuni pour m'entendre, les vieillards me souhaitèrent la bienvenue; puis, Si Mohammed bou Aïcha m'ayant fait asseoir à côté de lui, deux serviteurs me servirent du café tandis que d'autres me présentaient de quoi fumer. Un vieillard me félicita longuement sur ce que je n'avais pas craint de traverser des contrées abandonnées, à travers lesquelles les Châamba eux-mêmes redoutaient de s'aventurer, pour me rendre à Bhadamès.
Le cheikh du Medjelès me pria ensuite de raconter à l'assemblée comment j'étais venu dans le pays, quel était mon but et ce que je désirais d'eux.
Lorsque je leur eus donné ces explications et que j'eus formulé mes demandes, ils discutèrent lentement, avec calme, et, sur l'avis des plus influents, tous conclurent qu'il serait avantageux pour eux de faire du commerce avec les Français.
La discussion terminée, on me dit de mettre sur le papier ce que je venais de dire et qu'il y serait fait réponse. Le gouverneur me recommanda de faire la chose en triple expédition : Tune pour moi, l'autre pour les archives et la troisième pour être envoyée au bey de Quesser-Ifran dont relève Bhadamès.