‹ Le SaharaChapitre 163 sur 194 · CHAPITRE xni · texte numérisé non relu

CHAPITRE xni

vers le sud, le ghourd Cheikh d Aghred que j'avais déjà observé en allant. A 2 h. SO, nous passâmes entre deux siouf parallèles à la route, appelés Ed Deguerïnat ou les Petites Barricades^ et nous nous arrêtâmes à 3 h. 30, à l'extrémité d'une étroite vallée appelée Oued Khaouâh el Feiour^ nom qui signifie ValUe spongieuse du Déjeuner,

Le lundi 8 mars, nous partîmes à 6 h. 50 pour traverser une succession de ravins profonds barrés à tout instant par de hautes veines. Quelques vallées assez unies ont une direction du sud-est au nordouest.

Les dunes, de ce côté, sont bien moins élevées que dans le Zemoul el Akbar; je ne crois pas que les plus élevées dépassent 150 mètres ; mais les Souafa, qui ne connaissent pas, disent-ils, de pays plus tourmenté que celui que nous traversons^ paraissent étonnés à la description que leur fait Ali des grandes dunes qui s'étendent vers le sud-ouest: Les oughroud sont ici pointus comme ceux des environs de Hassi Botthin, mais leur forme est moins régulière.

Après avoir quitté notre camp, nous longeâmes, jusqu'à 7 h. 10, un ravin très-profond appelé Bhemad es Celeba^ c'est-à-dire le Fourreau de la Souffrance ; les deux bords de ce ravin, qui lui-même est barré par de hautes veines, sont bordés de hautes dunes, et l'on est obligé de marcher le long d'une pente très-rapide d'où les chameaux glissent souvent et vont se perdre avec leurs charges au fond du ravin. Heureusement que rien de semblable ne nous arriva.

Nous traversâmes, de 8 h. 10 à 8 h. 30, une belle vallée de 1,000 mètres de large dont le fond, complètement dégagé de sable et formé de grès décomposé, est parfaitement uni. Cette vallée est entourée,

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de touH côtés, d'oughroud haots d'environ 150 mètres, reliés entre eux par àee veines et des aionf.

Un peu plus loin, comme nous descendions avec préc&utioQ aune un trou profond, de forme presq^ne circulaire, nn cliameau, qui était en arrière, ee mit à courir à la descente et creva une outre en passant entre deux autres chameaux. Nous avions heureusement une abondante provision d'eau.

Après uno marche des plus accidentées et des plus fatigantes, nous nous arrêtâmes pour déjeuner, à 9 11. 30, au pied d'un ghourd appelé El Saouamed, célcb»e par un combat qui fat livré, il y a plus de 60 ans, entre les Souafa et un rhazou d'une triba du même nom qui campe à l'est de Rhadamés. Ce fut le vieillard Nacer ben Khotaya qui me raconta cette histoire,

iLe ghourd, me dit-il, était alors presque aussi groa que tu le vois aujourd'hui. LeaSouafa, qui revenaient de Hhadamés, étaient occupés à faire un sentier pour permettre à leurs chameaux de monter sur une veine. Tout k coup un coup de fusil se fit entendre à gauche. Nos hommes ee retournèrent et aperçurent ane troupe serrée qui dirigeait sur énx on feu nourrt

(Les Souafa, qnoique surpris, ne se hfitèreut pas de faire parler la poudre, mais ils se dispereèrent entre les veines de façon à former, autour de leurs ennemis, un demi-cercle de guerriers invisibles, et k les adosser au ghourd qui porte leur nom. Alors la poudre parla de tous les côtés autour des Haonamed, dont pu un n'échappa au massacre.)

On me montra ensuite une douzaine de cr&nes su fond d'un trou assez profond creusé au pied da ghourd. n parait que les Souafa ont toujours bien soin de ramener ces crânes À la surface, lorsque les sables menacent de les recouvrir.

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