CHAPITRE XIII
squelettes à moitié ensevelis, dont les têtes encore garnies de leur chevelure semblent grimacer à la vue des voyageurs qui passent. Voici Thistoire : En 1870, des Châamba allèrent faire, près de Ebadamès, une rbazia sur les troupeaux des Sinaouï (gens de ^inaoun), et reprirent avec leur butin le cbemin de leur pays ; mais les maîtres des troupeaux suivirent les ravisseurs et, après avoir échangé avec eux quelques coups de fusil qui abattirent trois ou quatre hommes des deux partis, ils réussirent à reprendre leur bien. Mais les Châamba ne se tinrent pas pour battus : ayant suivi à leur tour les Sinaouï, ils les surprirent en cet endroit, leur tuèrent cinq hommes €t reprirent les chameaux, parmi lesquels se trouvait justement un mahari appartenant à Pémir El Hadj Khenoukhen, des Azguer.
A 11 heures, on me montra encore, à gauche de la route, la tombe d^un homme d'Ouargla, assassiné par les Châamba en 1871.
A 2 h. 10, nous passâmes près du ghowrd el Midi, ou de la TahU^ ainsi appelé à cause de son sommet plat, au pied duquel gisent, sous de petits monticules de sable, les cadavres de deux Arabes aussi assassinés par des Châamba.
Nous établîmes notre bivouac, à 4 h. lô, au lieu dit Mzar hen Kahla^ nom dont je ne comprends pas bien la signification, et nous soupâmes des meilleurs morceaux d'une nouvelle gazelle que l'un de mes compagnon» avait tuée dans la matinée.
Dans le parcours de cette journée, les vallées, sans être sensiblement moins larges, sont davantage obstruées par des veines reliant entre eux les oughroud à droite et à gauche ; ceux-ci ont la même forme allongée que la veille et sont, par conséquent, moins élevés.
A la flore des jours précédents il convient d'njonter ici le bouss d begra, que lea Souafa appellent Çod, ainsi que le merkh (Genista saliarse), qui se montre, par grosses touffes de deux mètres de hauteur, cou- TOrt de belles fleura jaunea, snus odear. Le hoègud forme ici de gros buissons, hants de 1 mètre 50 c, entre les veines et lesonghroud. Leftenna pousse dans tous les endroits pierreux; le ffâr devient très-rare; maïs de gros chardons, qui croissent entre les pierres, fournissent aux chameaux nne nourriture des pins rafraîchissantes ; ces animaux mangent aossi avei' plaisir la Foal d Djemal (Astragalus Saharœ), qui 8e montre déjà couverte de fleurs jaunes ; enfin l'on voit poindre partout les têtes, semblables à celles de grosses aspergea, du Phelipea vioiacea, dont la racine, grossie à son extrémité en forme de tubercule, est fort appréciée des nomades sahariens, qui la coupent par tranches pour la faire ctiire dans lenrs galettes.
Le mercredi 10, nous nous mîmes en marche k 6 fa. 20, vers le nord de la boUBBole; mais, à 7 h. 35, nous prîmes une direction nord-ouest, an milieu d'une plMue précédée d'une grosse dune appelée justement Zemelet ed Douria, c'est-à-dire la Dune du Ibumant-
La direction générale de toute cette route est N.-N.-O.
A 8 h. 30, nous passâmes dans un ravin entre deux awMif appelés Eghrid Shoun Meniâa, c'est-à-dire les Petits Oughroud de VEmpSvhmient imprévu. Là, le vieillard Nacer ben Shotaya me montra un creux as fond duquel campa M. Dnveyrier en allant d'El Oued à Khadam^.
Cinq minutes après, nous entrâmes dans une belle vallée large de 3,000 mètres, au milieu de laquelle