‹ Le SaharaChapitre 167 sur 194 · CHAPITRE XUI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XUI

etc., se répandit sur le sable ; il fallut forcément s'arrêter pour ramasser les dattes, que Ton mêla aux autres sans même se donner la peine de les nettoyer.

A 10 heures 20, nous laissâmes à gauche le ghourd el GftfcUlal ou de la Disette^ ainsi appelé parce qu'une fois une caravane vit la fin de ses vivres en cet endroit ; puis, à 11 heures 10, nous rencontrâmes, au milieu d'une belle petite plaine, une tombe appelée Ghiabra ou Quabra Abdallah, du nom d'une victime de la férocité des Châamba qui git là sous un monticule de sable.

A 11 heures, nous rencontrâmes une mzara élevée à la mémoire de Sidi Hamed bou Koucha, marabout du Souf très-vénéré. Quand je dis élevée^ entendonsnous : cette mzara n'est autre chose qu'un vulgaire monticule de sable surmonté d'un pied d'alenda, sur lequel les gens des caravanes qui passent déposent des ex-voto. Ces ex-voto sont en rapport avec la sim^ , plicité du monument, car ils consistent en troncs morts ou en branches vertes arrachées aux arbrisseaux qui poussent aux alentours. Cette mzara a l'origine suivante :

Un Soufi, qui revenait de Ehadamès avec un seul chameau, vit son animal tomber sous sa charge et demeurer comme mort en cet endroit. La. position du pauvre homme n'était pas brillante, car outre quelques marchandises, le chameau portait en même temps ses vivres et son eau, c'est-à-dire sa vie. Dans cette position critique, il lui vint à l'idée d'invoquer Sidi Hamed bou Koucha qui, de son vivant, avait joui d'une grande réputation de sainteté. A peine l'eut-il fait que le chameau se releva plein de vigueur et continua sa route.

Depuis lors, toutes les caravanes qui passent par

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là déposent des ex-voto sur la mzara, en invo()^ii:jut le BtÙQt qni exauce toujours leurs prières, excepté cependant quand il leur arrive dea accidents. Dans ce CBS, c'est qu'ils ont oublié de l'invoquer dans les règles voulues.

Ayant passé, k midi, près du gbourd Messaouâa, nous rencontra mes, 45 minutes sprès, une antre tombe appelée el Abad, c'est-à-dire les Enclaves, parce qne des malbeureus, que des Souafa avaient achetés à Rhadam&B, snccombèrent là et y furent. ensevelis cCte à c&te.

A 2 benres 10, nous rencontrâmes, sur notre ganche, nu ghourd aBsea élevé appelé er Rabâa ou de In Courue, parce qu'une fois des Châamba, qui étaient venus jusque-là dans le but de rbaaer une caravane de Souafa, se sauvèrent dèa qu'ils virent cenx-cî se préparer à une résistance énergique.

A 3 heures 60, noue passSmes près d'une grosse dune de forme singulière appelée Zemelet Zemouta, et noua fîmes halte, à 4 heures 20, dans nue plaine accidentée, toute sillonnée de veines reliant entre eux lea oughroud qui la bordent.

Dans la première partie de cette journée, tes vallées, quoique toujours accidentées, sont plus larges et moins souvent barrées par les veines ,' les oaghrond sont pins espacés et moins élevés; la plupart sont plutSt de gros sionf snr lesquels on aperçoit, de loin en loin, de petits bosquets formés de beaux pieda d'âzel très-rapprochés les ans des autres.

Dans la seconde partie de la journée, on marche dans une plaine très-touimentée, couverte de veines et de sionf, mais où les oughrond, peu élevés, ne se montrent que de loin en loin.

Nous aurions donc pu voyager, ce jonr-là, sans

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