‹ Le SaharaChapitre 173 sur 194 · CHAPITRE Xm · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xm

gnons : les uns voulaient passer par Bir Berr es Çof, parce que ce puits était le plus rapproché ; les autres voulaient au contraire passer par Bir edDjedid, parce que la route était plus courte pour arriver à El Oued. Quant à moi, mes préférences étaient pour Bir ed Djedid et j'étais bien résolu à endurer, s'il Peut fallu, toutes les horreurs de la soif pour y arriver. Heureusement nous ne devions pas connaître cette dure extrémité.

L'un des chasseurs ayant exposé que les Châamba allaient quelquefois faire de Peau à Bir Berr es Çof, je saisis c ette occasion pour leur dire que je ne craignais pas les Châamba, mais qu'étant porteur de papiers très-importants, il était préférable de prendre la route la plus sûre, parce que, s'il arrivait un accident, on les rendrait responsables de la perte de mes papiers. L'effet de mes paroles ne se fit pas attendre, et le vieillard me dit : « Moustapha Bou-el-Ma a passé par MouyAïssa, Sâad a passé par Bir Berr es Çof: il est écrit que tu passeras par Bir ed Djedid. » Et sur la décision du vieillard, l'on se mit en marche sans ajouter un mot.

A 11 h. 30, nous entrâmes dans une seconde vallée, large de 1000 m. environ, graveleuse comme la première et entourée des mêmes dunes ; elle prend le nom du ghourd qui la précède et s'appelle Çahan el Laya,

A l'extrémité gauche de cette vallée je remarquai trois dunes singulièrement disposées : deux masses allongées, très-nettes et absolument vierges de végétation, forment un angle très- ouvert, au fond duquel se dresse une dune pointue de forme arrondie, aux contours parfaitement unis. Les Arabes ont donné à cette dune pointue le nom de Megbedh^ c'est-à-dire

452 SBUZIÈME FABTIB.

Manche ou Filon, et aas deux antres celui de Haravt qai signifie Mortier (où l'on pïle).

A 1 heure 50, après avoir frauchi quelques petites veines, noos pénétrâmes d&ng une troisième vallée large de 3000 mètres, esactement semblable ans précédentes; puis, à 3 heures 16, dans nae quatrièmo, après avoir ^anchi les veines d'un ghoard appelé £oh iJouar,' parce qu'il est arrondi en forme de portique. J Lea dunes qui entourent tette quatrième vallée, laquelle porte aussi le nom do Çahan bou Douar, ont toujours la même forme ronde et allongée.

Enân, après une marche effective de tr&se heura tt rJemie, nous nous arrêtâmes k 5 heures, brisés d» fatigue, an pied des dunes qui bordent la plaine sa N.-Ë. pour y passer la nuit. En réunissant les reste) de nos outres, nous vîmes avec plaisir qu'après avoir fait cuire le couscoussi, il resterait encore la valeur de: deux verres d'eau pour chacun; l'uo devait être b* après le repas, l'autre fut destiné au café du lendemain matin. Mes (.'.ompaguons me dirent que nous arriverions certainement an pnits dans la journée du lendemain, m cka Allah!

Le mardi 16, nous partîmes à 4 heures pour entrer aussitôt dans un enchevêtrement de petites dunes qoi rendaient la marche plus difficile.

À 6 heures 20, nous passâmes près d'un puits comblé appelé Bir Bou Khaifa, c'est-à-dire le Pert de la Contradiction, parce que les Souafa le comblèrent pour empêcher les ChSamba de s'y abreuver.

A 7 heures 30, nous entrâmes dans une grande

* Dans mes rapporta II U. le g4ii£i«l Chanzy et à lu Société da géographie de Genève, j'ai dit par erreur Boa Oéhar ou le Pin dutdde.

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