‹ Le SaharaChapitre 177 sur 194 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

blanches, très-visible jusqu'à perte de vue, est parfaitement déterminée par une ligne de Pest-sud-est à Fouest-nord-ouest, qui passe par Bir Berr es Çof, Bir ed Djedid et les collines d'El Archem, à trois journées de marche au sud de Touggourt.

Nulle part je n'ai vu la végétation plus belle que dans ces petites dunes blanches : Palenda y est énorme ; Pâzel et le merkh s'y montrent pleins de vigueur ; l'alfa, le helma, le baéguel et le had y sont abondants.

A 1 h. 20, nous passâmes à une faible distance d'un puits desséché dont on me montra l'emplacement, à droite, au milieu d'une petite dépression appelée Aouadedit er Rkeb ou la Pebïte vallée de Vètrier^ parce que là on descend de monture pour y passer la nuit. Après avoir marché à travers une grande plaine sablonneuse très-accidentée, nous allâmes camper, à 4 h. 30, à une faible distance d'un puits appelé Mouy Heréba ou Petite eau de lafuïte^ parce que les Eebâïa mirent en fuite, non loin de ce puits, des Châamba qui étaient venus pour rhazer leurs chameaux. Le puits est creusé dans une partie de la plaine plate et graveleuse que l'on me montra du camp ; l'eau n'est qu'à cinq brasses, me dit-on, et agréable au goût.

Un vent du sud-est très-violent, qui n'avait cessé de souffler toute la journée, avait soulevé un épais brouillard de sables qui, en nous aveuglant, avait encore rendu plus fatigante la marche déjà bien pénible dans les petites dunes.

Nous nous mîmes en marche jeudi 18, à 6 h. 40 du matin, à travers une grande plaine sablonneuse très-accidentée, sillonnée de loin en loin par des veines et des siouf. Cette plaine est formée d'no < jaune, lamelleux, en décomposition-} 1«

out très-serrée. Le simoum, soufflant d'une i terrible, soulevait des nuages de sable à travers lirai] iiels nous ne pouvions rien distinguer à quelijues pas devant nous; nous étious aveuglée, nous suffoquions par moments.

De 8 h. ÛO à 9 h. 30, nous déjeunftmes au lieu appelé Bou Stniâ, non loin d'un puits comblé près duquel il y a denx tombes. Comme uous noua levions pour uouB l'émettre sa marche, uous aperçûmes, i travers les nuages de sable moins épais en ce moment, un homme qui ma it au loin dans la plaine. Notre attention s'éveilla au» tôt, car e'était la premiËre forme humaine que nous eussions aperi;ue depuis douze jours. L'homme ayant disparu derrière une cliaîne de petites dnnos, noua nous remîmes en marche après avoir inspecté les batteries de noa fusils.

A 9 il. 4fi, noue rencontrâmes des ehameaux qui paissaient dans la plaine, et bientôt après nous aperçGmes, dans une petite dépression et à l'abrï du vent, une tente de nomade que les chasseurs reconnurent pour appartenir au nommé El Bachir ben Rhedeïà, l'un des plus riches habitants du Souf, dont la fortune, à port les palmiers qu'il possède dans les oasis, se compose de 500 chameau k et 2000 moutons.

Trois de mes compagnons s'étant dirigés vers la tente pour demander quelques renseignements sur leurs familles, je les y suivis. Nous u'j trouvâmes <ju'une femme jeune, d'une grande beaaté et trèsproprement vêtue, entourée de trois petits enfants.

L'homme que nons avions aperçu marchant dans la plaine était El Bachir lui-même, et sa femme nous ajant donné l'assurance qu'il ne tarderait pas à revenir, nous noQB retirâmes à quelque distance. Dix minutes ne s'étaient pas écoulées qu'il était assis parmi nous.

Page 1