CHAPITRE XIV
Nous traversâmes une grande plaine sablonneuse, très-accidentée, sillonnée par des veines et des siouf entre lesquelles se rencontrent assez souvent de petites dépressions à fond de calcaire jaune lamelleux ou tout simplement graveleuses. La végétation, peu abondante dans cette plaine, se compose de Palenda, de vieux troncs d'âzel, du baéguel et de quelques pieds de helma ; l'alfa y est assez abondant, mais le sfâr devient très-clair-semé. Quelques grands sujets de la famille des chicorées poussent à l'ombre des arbrisseaux jusqu'à atteindre 50 centim. de hauteur.
Nous nous arrêtâmes à 4 h. 40, à moitié suffoqués, et nous nous abritâmes de notre mieux sur le bord d'un houd, derrière un gros pied d'alenda ; mais le vent tomba heureusement peu après et notre plat de couscoussi ne reçut pas, ce soir-là, son supplément d'assaisonnement, chose à laquelle j'avais, après tout, fini par m'habituer.
Le vendredi 19, à 6 h. du matin, au moment de nous mettre en marche, le thermomètre marquait H- 8<>,5 ; le ciel était pur, un calme parfait régnait dans l'atmosphère, mais une rosée abondante était tombée pendant la nuit et un léger brouillard s'étendait autour de nous, se prolongeant dans la direction du nord-nord-ouest qui était celle que nous suivions toujours.
Nous partîmes donc à 6 h. 15, par une belle mais fraîche matinée ; à 6 h. 40, on me montra, à droite, au fond d'un houd, un puits comblé appelé Bir Mouy er Rebaïa el Guébli^ c'est-à-dire Puits méridional de la petite eau des RébcCia,
A 7 h. 25, une petite brise du nord-est ayant commencé à souffler par intermittences, nous nous félicitions déjà de faire, ce jour-là, une bonne étape, mais ce ne fut qu'une illusion de courte durée.
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A 8 II., nous reDcoDtrSmes, creusé au milieu d'in* "^ potile dépression calcaire entourée d'aae belle végêlation herbacée, le pnits appelé Bir Mtmy er RébSia ed Da/iaraou'i ou PuUg t^tentrional de la petile eaa lien Rebitia ; ce puits est sans cofirage et il n'est pré* serve des éboulements que par queltinea branches d'arbrisseaux qui forment, autour de son orifice, nn l'adre peu solide ; l'eau est à 6 brasses et elle a ud yoût de vaae fort désagréable. Autour de la dépression, quelques gourbis encore en assez bon 6tHt indiquent que, pendant les chaleurs, les pastenre Rebâïa séjoumenf en cet endroit avec leurs triju-
Nous nous arrêtâmes pour déjeuner de 9 li. 20 i 10 h. 10; il faisait alors un temps très-lourd quisentftil ]' nrage.
A midi 40, nous passâmes près d'un puits combk'i nn lieu appelé S/ G oaéi-o(, c'est-à-dire les Petits Qaity, que j'aperçus au nombre de quatre dans le fond d'un grand houd.
Jusqu'à 1 heure, nous marchâmes dans une plaine en tout semblable à celle de la veille ; mais nous entrâmes ensuite dans le pays que l'on peut véritablement appeler El Erg, c'est-à-dire les Vmnes. En effet, à partir de ce point jusqu'à El Oued et au delà, la plaine, naturellement trèa-mouvcmentée, est tout* couverte de veines blanches peu élevées, semblables k de gros sillons parallèles dont U direction parfaitement détenninable est du nord-est au snd-onest, ce qui suffirait à prouver, quand même l'on n'aurait été témoin du fait, que, dans cette contrée aussi bien que partout ailleurs, tes sables sont surtout chassés du sud-est au nord-ouest. Quant à la question de savoir pourquoi les dunes changent ainsi de forme, je suis