‹ Le SaharaChapitre 180 sur 194 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

de plus en plus convaincu que cela tient à la nature et à l'ancienne configuration du sol.

La végétation est extrêmement clair-semée dans cette contrée ; elle se compose presque exclusivement du merkh, de Tâzel et de quelques touffes d'alfa qui se montrent de loin en loin sur le dos des veines.

Le vent de la veille, en «poussant le sable vers le nord-ouest, avait rendu ce côté des dunes tellement mouvant que nous enfoncions toujours jusqu'à la cb^lle en voulant passer d'une veine à l'autre, et la marche en était devenue horriblement fatigante. Une atmosphère très-lourde venait encore ajouter à nos fatigues : à 2 heures 20, le vent sauta subitement au sud-ouest, pour passer au sud-est à 3 heures, et pour retourner au sud-ouest peu après.

Comme nous cheminions péniblement, Messaoud me fit remarquer les marques toutes fraîches laissées sur le sable par deux hommes et trois chameaux ; il me dit qu'il reconnaissait parfaitement les pieds de son oncle et de son cousin, que nous ne tarderions pas à atteindre, car, à en juger par leurs traces, les chameaux devaient être très-chargés.

Nous les atteignîmes, en effet, vers 4 heures 30, et je constatai que leurs trois chameaux étaient chargés de dix-huit gazelles, produits de leurs chasses, dont plusieurs étaient dans un état de putréfaction tel que l'odeur qu'elles répandaient au loin était insupportable.

Nous nous arrêtâmes à 5 heures, tous plus fatigués que nous ne l'avions jamais été dans les grandes dunes, dans un trou entre deux veines très-élevées.

Comprenant bien que les odeurs de leur gibier n'avaient rien d'agréable pour moi, les deux chasBiour campèrent à cinquante pas en arrière de notl

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comme lo veDt, qm vennït de lear cSté, nons apportait encore les senteurs de leurs victimes, AU alla les prier de vouloir bien s'établir un peu pins k l'ouest, ce qu'ils tirent atisMtÔt.

Ce ne fut pas sans peine que l'on trouva, dans ce désert, quelques troncs pour la cuisine, et encore fallut'il procéder avec économie.

Cette nadité des sables, que l'on peut remarquer dans tout le Sahara autour des lieux habités, a pour cause la consommation sans In reproduction. L'Arabe, paresseux et insouciant, se dérange le moins possible pour se procurer ce qui est nécessaire à sou existence et A celle de ses troiipeauxj &'il aperçoit un tronc à portée de sa maîn, il le coupe pour se chaufier; si une touffe d'herbe pousse L quelque distance de §a tente, il l'arrache pour sou chameau, et c'est ainsi que la vi'gétation manque dans le Sahara, souvent jusqu'à une et même deux journées de marche des centres habités.

Ainsi que l'on a pu s'en convaincre par la description conacionciouse que j'ai faite des déserts del'Erg, les sables sont naturellement fertiles ; ils contiennent une grande quantité d'humus provenant de la couche végétale qui recouvrait autrefois la plus grande partie du désert, et que l'on retrouve encore aujourd'hui dans le Sahara algérien, ainsi que dans les oasis du centre.

L'observateur qui s'est trouvé entre Biskra et Touggourt par un vent violent du sud-est, a pu voir l'argite se détacher par croûtes sous les efforts da vent, et aller se fixer, réduite à l'état de poussière impalpable, sur les petites dunes qui bordent la route. Lorsque l'argile a été complètement enlevée, elle laisse ici à nu une carapace gypso-calcaire qui, en se

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