‹ Le SaharaChapitre 18 sur 194 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

sud du Maroc et qui, avec l'Oued Zotisfana et d'autres affluents, forme POued Saoura qui va se perdre au sud-ouest du Touât, et dont le lit fut en partie exploré par le voyageur Rohlf en 1864. Les géographes anciens, dont les connaissances sur PAfrique au delà de PAtlas étaient des plus rudimentaires, donnent, de ces deux cours d'eau, des descriptions qui se rapportent en même temps à l'un et à l'autre ; cependant Juba et Pline s'accordent à dire que le Nigris sépare l'Afrique de l'Ethiopie.

Après avoir traversé la rivière, nous gravîmes la colline sur laquelle s'élève le bordj de Taïerrashon, grande enceinte crénelée et bastionnée, avec une tourelle surmontée d'un télégraphe aérien.

Dans l'intérieur, en entrant à gauche, se trouve l'appartement, composé de deux pièces, où Ton reçoit les hôtes de distinction, et dans l'angle du même côté se trouve, entourée d'un mur formant une cour séparée, l'habitation du cheikh ; à droite existe un café maure; les autres faces sont occupées par les écuries et, au milieu de la cour, campent les caravanes peu nombreuses qui s'arrêtent là pour passer la nuit en sécurité.

La distance entre Biskra et Taïerrashou est de 24 kilomètres environ.

A peine étais-je entré dans l'enceinte du bordj que le cheikh Si Mahmoud ben Kharfallah, prévenu de mon arrivée par l'un de ses serviteurs, vint me faire ses offres de service. M'ayant fait entrer dans l'appartement dont j'ai déjà parlé et dont le sol était recouvert de beaux tapis fabriqués dans le pays, il m'installa dans la pièce du fond où, à ma grande surprise, je remarquai un joli bois de lit, avec un matelas et une couverture, une table et deux chaises.

Le cheikb défendit à Ali de faire de la cuisine, en disant qu'il pourvoirait à tous mes besoins. Mon serviteur s'installa dans la première chambre; quant aux cbameliers, on leur donna une autre pièce fermant à clef, où mes bagages' furent déposés.

Une heure environ après mon arrivée, on m'apporta d'excellent couscoussi ^ sucré dans un grand plat en faïence ; j'y fis honneur, car cette première journée de marche avait aiguisé mon appétit; mais on ne put me donner à boire qu'une eau saumâtre et bourbeuse, chargée de silice ; je m'en contentai cependant, car il fallait m'habîtuer peu à peu à la misère, et j'étais décidé à n'employer Teau de mon baril que lorsque celle que je trouverais sur ma route ne serait vraiment pas buvable. On avait préparé, pour ceux de ma suîte^ un couscoussi plus commun sur lequel ils se jetèrent comme des loups affamés.

Après le souper, on me servit du café qui eût été excellent si l'eau avec laquelle on l'avait préparé ne lai oût communiqué son détestable goût Je m'étendis ensuih> sur mon lit et^ oubliant les tribulations du dépari, j^ mVudormis d*ttu profond sommeil.

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