CHAPITRE II
tombes avaient été violées, la nuit, par les chacals, dont les griffes avaient laissé des traces profondes antoor des trous creusés par eux sur les côtés des tombes, au-dessous de la couche de pierres plates. Les cadavres avaient été enlevés lambeau par lambeau et traînés au milieu de la plaine, où ils avaient servi de pâture à ces bêtes immondes.
Les gardiens du bordj, que j'interrogeai à mon retour, me dirent que les diah ^ venaient toutes les nuits rôder autour de ces tombes ; mais ils ne parurent pas s'en émouvoir autrement.
Quant à moi, j'éprouvai un vif sentiment d'horreur en pensant que, si je venais à périr dans le cours du voyage dont je faisais alors les premières étapes, mon corps, privé de sépulture, servirait au festin des hôtes du désert.
Mais je chassai bientôt loin de moi ces tristes pensées, et élevant mes regards vers ce beau ciel du Sahara^ si pur et si bleu, tout resplendissant d'étoiles, j'adressai au Dieu unique, père de tous les hommes, une courte mais fervente prière, pour lui demander un heureux retour dans ma patrie, au sein de ma famille.
Vers S heures, Ali nous servit un plat de coiiscoussi an mouton, auquel je fis honneur. Décidément mou domestique pouvait figurer, sans trop de désavantage, parmi les chefs les plus distingués des restaurants parisiens. Je le complimentai, ce qui parut le satisfaire beaucoup. Le repas se termina par une tasse de café et, pendant que les chameliers bavardaient avec les gens du bordj, je m'enveloppai dans mes bernous, dont je rabattis les capuchons sur mes yeux, puis je
1 Diàb, pluriel de dib, chacal.
50 PBKMfltBK PABTIE.
m*êteiidis> aussi mollement que passible, sur ma courature pour me livrer au sommdL
Mais à p^ne venais-je de fermer les paupières qu'un ^rand boruit se fit entendre du dehors : c^étaient des Toix d'iiommes. auxquelles se mêlaient des Toix eriaides de Itemmes et des braiments à jfendre les ooreillesw Bientôt une rive lumièi«« paswut par les cièseanx du biiurdju annon^ que r«>n jHêparait le
JL'un des spaînns^ qui etah $«^irà p«»Œr Tioir qn^e
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