‹ Le SaharaChapitre 22 sur 194 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

avait pu me rejoindre, il serait Heareux de voyager «n ma compagnie.

Le cadi me parut être un homme de 30 à 35 ans, de taille moyenne et bien constitué ; sa physionomie respirait la franchise et la bonhomie.

Nous ne nous mîmes en marche qu^à 7 heures 50, la caravane se composant alors de sept personnes.

Nous cheminions sur un sol tantôt argileux, avec quelques touffes d'arbustes clair-semés, tantôt gypso. calcaire avec graviers, tantôt légèrement sablonneux et graveleux.

Vers 9 heures, nous aperçûmes une grande ligne bleue se dessinant à l'horizon ; sur cette ligne on mo £t remarquer, dans le lointain, la délicieuse petite oasis d' Oum et Thiour^ dont le nom signifie mère des oiseaux^ que nous devions laisser à droite.

On peut aussi passer par Oum et Thiour pour se rendre à Touggourt ; mais on ne prend cette route, un peu plus longue, que lorsque les pluies ont rendu celle des chotts impraticable.

Nous traversions toujours une succession de grandes cuvettes aux bords calcaires, s'élevant en pente douce à de faibles hauteurs et, comme précédemment, ouvertes du côté de Test ; le zîzt/phus y pousse en assez grande quantité ; ce pays est ainsi relativement accidenté. Sur les hauteurs, je remarquai une grande quantité de gypse détaché du sol en forme de lamelles transparentes.

Vers 11 Va heures, nous rencontrâmes, à gauche de la route, un puits à moitié ensablé; un vieux nègre, qui voyageait avec nous depuis une heure, nous dit qu'avant qu'il fût tari, Teau en était salée.

Ail heures 40, nous arrivâmes aux puits de Çtheil^ au nombre de deux, creusés dans le lit sablonneux

et desséclié de la rivière du même nom. Ces puits n'ont ni seuils ni coffrages ; le premier, profond de 1 m. 50, était à sec ; le second, de forme irrégulière et à moitié comblé, contenait un peu d'eau bourbeuse mais très-fraîche. Nous nous y arrêtâmes pour déjeûner.

Le cadi, qui avait pris les devants, y était déjà installé avec ses serviteurs. Il m'offrit une orange que j'acceptai avec le plus grand plaisir ; puis, il me fit servir une tasse de café en attendant que mon déjeuner fût prêt. Touché de tant d'obligeance, je lui offris à mon tour une bille de chocolat qui servit de complément au maigre repas, eomposé de dattes, qu'il venait de prendre ; le mien se composa d'œufs frits et de fromage. Là comme aux haltes précédentes, j'hésitai à toucher à ma provision d'eau et je me contentai de celle du puits, chargée de silice.

Nous repartîmes à midi 35, pour fouler un sol accidenté et très-sablonneux, sur lequel la marche était passablement fatigan te. A cet endroit, je remarquai, en grande quantité et d'une belle venue, l'arbrisseau à feuilles aciculaires et d'un beau vert, appelé . alenda.

Nous cheminions depuis dix minutes à peine, lorsque j'aperçus, sur ma droite, à 2 kilomètres environ, plusieurs pyramides de pierres brutes, élevées de 2 à 3 mètres, dont quelques-unes avaient été renversées par les vents. On me dit qu'il y avait vingt-cinq ans à peine, une nezla ^ de quatorze tentes, surprise en

* La neaUa est une fraction de tribu ; s'il y a plus de 10 tentes^ c'est une zmala] plusieurs nezlas ou zmalat forment la tribu. Le douar est l'ensemble du campement, ou le village formé par la nesHaj la zmala ou la tribu.

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cet endroit par un parti ennemi, fut exterminée après une défense désespérée, et qu'on éleva ces pyramides pour en perpétuer le souvenir.

Vers 2 heures nous arrivâmes, après une descente rapide, en vue d'une immense dépression, parfaitement unie, dont les contours abrupts et peu élevés bordent 4»u loin rhorizon.

Devant et au-dessous de nous, on dirait un immense marais parsemé de flaques d'eau, lesquelles naissent comme par enchantement en brillant de mille feux, lorsque les rayons du soleil percent les nuages dont le ciel est presque couvert ; elles disparaissent avec la même rapidité dès que le soleil est voilé.

Bientôt nous descendîmes une nouvelle pente sablonneuse, entre deux murailles d'argile^ et nous nous trouvâmes sur les bords du choU Melrhir, ^

Le soleil perce de nouveau les nuages : à gauche, à, 50 mètres environ et haut de 15 mètres, un monticule isolé se dresse dans ]p lit du chott, dont les parois s'éloignent à perte de vue. Au loin, vers le sud, se dessine une longue ligne sombre qui borde Fhorizon de ce côté et sur laquelle ondulent des collines qui paraissent être boisées : on dirait une belle oasis, toute ombragée de hauts palmiers dont les cimes touchent le ciel. Sur la gauche, une longue presqu'île, qui paraît être le prolongement de l'oasis, et toute couverte de beaux arbres aux larges têtes garnies d'un épais feuillage, disposés en bouquets espacés, semble nager

* Le chott Melrhir est le lac Tritonide des anciens, que les fleuves Nigris (dont il a été déjà parlé) et Triton (dont il sera parlé plus loin) alimentaient du tribut de leurs eaux. D'autres grands fleuves alimentaient encore ce lac qui fut certainement, à une époque qu'il est difficile de déterminer, un grand golfe de la Méditerranée.

a»r les eaux éUooissauutes dPim beau lac^ doatles ondes ealmes et unies s'étendent tc» Fraâent jvsqn'anx paiois qni fotnnent^ de ce côté, les contoms dn chott^ lesquelles sont «esi l»aiçiiées par ses «mdes. Mais coMie nous arançoass les bouquets d*arfares plongent dans les iots Inillants : les trottcs diapaiaissent, puis le feuiUa^ ; bi»t$t IVn n'apex^rà plus que quelques tStes qui surnagent enc««e : euliu tout s^cngloutit, et le Inc lui «Mme sViauouit lotsque des unages épais YÎemKut eœoee iutes^cepter les^ larnius salakesk < ^ Cest au iMtMfee. aie <& AR — OvL lui iépiîNn£is--Je« et un jmJî triuisnie ! > Ces murages, que F^nh apts^^Mt ^aus Ws dêscarts^ sont li»s:nBJb«Iiiî <ie£a rôew

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