CHAPITRE n
Chacun marche vers le mirage qui l'attire ; mais au moment où il croit le saisir^ que trouve-t-il le plus souvent à sa place ? Hélas ! ce que l'on trouve au désert : la soif qui dévore la poitrine haletante du yojslgeur, la soufErance et la mort au sein du désespoir !....
jËtant sortis des sables, nous marchions alors sur un terrain plus solide. Après avoir laissé à droite, à une distance de 2000 mètres environ, un monticule isolé, nous arrivâmes, à '3 heures^ au puits artésien de Mahadaîou^ foré au pied des petites collines de Koudiat ed Dhor, ^ qui s'élèvent sur le bord du chott.
L'eau jaillit au milieu d'un petit bassin circulaire entouré d'une enceinte assez élevée, en briques séchées au soleil ; au fond de l'enceinte, deux petites chambres sans toiture ont été réservées, sans doute pour servir d'asile aux voyageurs ; les murs, de chaque côté de la porte, avancent de 2 mètres environ sur celle-ci, autrefois à plein cintre, mais maintenant de forme ogivale, par suite de la chute de la clef de voûte et des briques y attenantes ; au-dessus de l'ogive, on voit un écusson assez bien conservé sur lequel on peut lire encore: € Compagnie des Sondages^ 186ô,^
Les eaux, d'une température de 23 degrés, coulent vers l'est au milieu de grands roseaux qui leur doivent leur existence ; elles sont légèrement amères et purgatives.
^ Koudiat ed Dhâr signifie Collines du retour ou de la retraite. On raconte que les premiers conquérants arabes qui s'aventurèrent dans le Sahara campèrent au pied de ces collines ; mais effrayés par l'aridité du pays qui s'étendait devant eux, ils renoncèrent à pousser plus avant et s'en retournèrent dans le Tell.
D'autres prétendent que les conquérants, ayant passé une nuit an pied de ces collines, trouvèrent leurs armes tellement rouillées, le lendemain matin, par les émanations salines du chott Melrhir, qu'ils en furent épouvantés et revinrent sur leurs pas.
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