CHAPITRE in
henné. Les femmes des nomades ne sont jamais ▼oilées.
La couleur des habitants de Touggourt varie du blanc pur au noir le plus foncé ; les deux tiers au moins sont des métis provenant du croisement des races blanche et nègre, ou des mulâtres appartenant^ comme la grande majorité des gens de l'Oued Rirh^ à la race aborigène; ceux-ci se distinguent par un nez gros sans être écrasé, et par des lèvres épaisses qui ne sont pas allongées comme celles des nègres : en un mot, ils se rapprochent, par la régularité de leurs traits, de la race caucasienne.
Les habitants de l'oasis de Touggourt sont naturellement portés à la gaîté, et il ne se passe guère de jours sans que Ton entende des chants et de la musique; je n'ai remarqué chez eux que trois instruments, dont l'un appelé ghaeta a presque la forme et le son du hautbois ; le second, appelé handir^ ressemble au tambour de basque ; le troisième, qui n'a jamais pu charmer que les oreilles des Nègres de pure race, est le thehd^ grosse caisse sur laquelle on frappe avec un morceau de bois crochu.
Malheureusement^ la plupart des Touggourtins s'adonnent à l'ivrognerie, et il n'est pas rare de voir deux ou trois individus assis autour d'une bouteille d'absinthe, liqueur qu'ils préfèrent à toutes les autres.
Le vin était connu dans ces contrées bien avant roccupation française ; il pénétrait dans l'Oued Rirh par la Tunisie et Constantine ; mais comme il coûtait fort cher alors, les riches seuls avaient le privilège de s'enivrer avec.^ Le commun des mortels se contentait
^ Ces renseignements ont été donnés par SiMâammar, frère da marabout de Temacin, qui a avoué, en dînant une fois chez Tagha, avoir bu du vin dans sa jeunesse; il en boit même encore
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du Ic^mi ou de la moMa^ dont il sera parlé plus loin. Le vin, et par conséquent ses succédanés, est interdit en ces termes par le Coran :
€ Us t'interrogeront sur le vin et le jeu. Dis-leur : Dans [l'un comme dans l'autre il y a du mal et des avantages pour les hommes, mais le mal l'emporte sur les avantages qu'ils procurent > (II, v. 216).
« O croyants! le vin, les jeux de hasard, les statues et le sort des flèches sont une abomination inventée par Satan; abstenez* vous-en et vous serez heureux.
€ Satan désire exciter la haine ei l'inimitié entre vous par le vin et le jeu, et vous éloigner du souvenir de Dieu et de la prière. Ne vous en abstiendrez-vous donc pas ? Obéissez à Dieu, obéissez au Prophète, et tenez-vous sur vos gardes ; car si vous vous détournez, sachez que Tapotre n'est obligé qu'à la prédication > i (Y, v. 92 et 93).
Ici comme k Biskra, les courtisanes sont en assez grand nombre ; mais les Sahariennes n'en fournissent que fort peu^ le gros de la troupe se recrutant, comme partout^ dans la féconde tribu des Oulad Naïl.
La principale industrie du pays est la fabrication des haïks, renommés et recherchés pour la beauté et la solidité du tissu qui est soie et laine ; ces haïks, dont les prix varient entre 50 et 60 ir., sont vendus aux nomades qui les transportent dans le Sud ; on les exporte aussi dans le Tell et jusque sur le littoral, où ils se vendent de $0 À 100 fr.
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