CHAPITRE lY
mière fraîehenr, 1« eoache de poussière qui les recoa- ▼rait en eût été une preuve suffisante si leur dureté et leur goût de moisi ne fussent encore venus me confirmer dans cette opinion ; et cependant force me fut d'en manger quelques-unes pour faire plaisir aux marabouts qui insistaient pour m*en faire accepter. Fort heureusement, on apporta du café, dont je savourai deux tasses pour faire descendre les bonbons qui formaient comme un mastic dans ma gorge, et pour chasser le goût détestable qu'ils m'avaient laissé dans la bouche.
On parla ensuite de choses et d'autres, et le mokhadem, prenant la parole avec une vivacité qui ne paraissait pas lui être habituelle, me fit un long discours dans lequel il fit l'éloge de M. le général Ohanzy, de M. le général Liebert, puis de l'agha lui-même.
€ Ils ont, dit-il, mis la paix dans un pays bouleversé par les brigands, et ils nous ont donné la sécurité sans laquelle il n'y a point de prospérité possible. Nous ne cessons de prier Dieu pour qu'il les conserve longtemps à la vénération des gens de bien : puisse Dieu exaucer les prières de ses serviteurs. >
L'agha me dit plus tard que Sidna Mohammed el Aïd n'avait peut-être jamais parlé aussi longtemps de sa vie, mais que le faux chérif Bou Choucha lui avait fait grand'peur lorsqu'il s'était présenté un jour devant la zaouïa d'El Guemar (Souf), où se trouvait alors le mokbadem ; le bandit, qui voulait piller la zaouïa, ne s'éloigna qu'après qu'on lui eut payé une forte contribution.
Quoique Bou Choucha eût été arrêté depuis et mis sous les verrous, Sidna Mohammed el Aïd ne pou-
vaît penser à lui sans^ épouvante^ et ce souvenir suffisait pour lui délier la langue et le rendre éloquent
Après une heure de conversation, nous prîmes congé des marabouts qui vinrent nous reconduire jusqu'à la porte de la zaouïa et*nous nous en retournâmes par le même chemin.
Pendant que les spahis s^amusent à galoper et à faire parler la poudre dans le lit desséché du chott, je vais mettre sous les yeux du lecteur les quelques notes que j'ai recueillies sur les principaux ordres religieux musulmans ; je me propose de compléter ces notes dans un autre voyage.
L^ ordre religieux d^£l Tidjani fut créé à Aïn Madhi, près d'£l Aghouat, par Si El Hadj Ali el Tidjani; le chef suprême actuel est Si Ahmed el Tidjani, dont l'influence est sérieusement compromise par suite de son mariage avec une Française ; l'autorité appartient réellement à Si Mohammed el Aïd qui, lui-même, subit l'influence de son frère Si Mâammar^ cheikh ou chef politique de la zaouïa d e Tamellaht.
Quoique enclavées dans FOued Eirh, Temacin et toutes les oasis qui en dépendent ne sont point soumises à l'administration de l'agha de Touggourt ; on peut dire que c'est une sorte de principauté théocratique indépendante, sous le protectorat de la France, car les palmiers sont exempts d'impôts, et si le cheikh doit compte de son administration au commandant supérieur du cercle de Biskra, il n*en gouverne pas moins d'après les règles les plus aucleunement établies.
L'ordre d'El Tii\jani a ses principaux clients parmi les Touaregs dont l*ttu d*?* ch^t^s ^^^ Hailj Ottmann,