‹ Le SaharaChapitre 50 sur 194 · CHAPITRE lY · texte numérisé non relu

CHAPITRE lY

Découragé par mon peu de succès, je rejoignis mes compagnons qui n'attendaient que mon retour pour reprendre le chemin de la ville ; aussi trouvaije tout préparé pour le départ.

An lieu de suivre exactement la même route, nous prîmes xai peu plus à l'est, afin de traverser une partie de l'oasis.

Comme nous n'étions qu'à une faible distance dn village de Nezla, notre attention fut attirée de ce côté par des chants discordants et une musique infernale ; l'agha dirigea la marche vers le village et je lui en sus gré, car il me fut donné d'assister à une fête d'un caractère tout à fait original.

Il s'agissait d'un mariage et la population était en liesse. Non loin des premières maisons, nous nous arrêtâmes pour regarder plusieurs groupes déjeunes filles qui dansaient au son de la musique la plus discordante que j'aie jamais entendue. Ces jeunes filles étaient toutes dans l'âge de l'adolescence ; proprement vêtues^ elles avaient le visage découvert et elles paraissaient être animées par la plus franche gaîté.

Il y en avait là de toutes les couleurs et de tous les types ; mais la plupart étaient réellement jolies. En nous apercevant, quelques-unes (pas des plus laides, par ma foi) firent mine de vouloir se cacher le visage dans les plis de leurs manteaux, mais comme cela les gênait pour la danse, elles finirent par prendre leur parti et nous pûmes tout à notre aise admirer leurs grands yeux noirs animés par la joie, et leurs charmants visages embellis par le sourire qui se jouait sur leurs lèvres roses. Presque toutes étaient tatouées au front, sur les joues et autour du cou, et leurs sourcils étaient agrandis avec le koheul ; mais cela n'enlevait rien à leur beauté native qui en prenait, au

contraire, un cachet tout à fait original ; presque toutes avaient les mains et les pieds jaunis avec le henné, en sorte que, vues à distance, elles paraissaient porter des gants et des chaussettes jaunes.

Un peu plus loin, nous nous .trouvâmes en présence d'une foule nombreuse, compacte et Jbruyante, composée d'hommes, de femmes, de jeunes filles et d'enfants. Au milieu de cette foule, quatre solides gaillards portaient sur leurs épaules quelque chose que je ne puis mieux comparer qu'à une grande cage à poules de forme carrée, au-dessus de laquelle une tente était dressée ; on me dit que sous cette tente se trouvait la mariée, et j^avoue que je ne pus m'empêcher de la plaindre de tout mon cœur.

Les quatre hercules, à moitié nus, balançaient la cage en tous sens, et la tente qui la surmontait paraissait à chaque instant sur le point de tomber ; ils avançaient, reculaient, se baissaient et se relevaient vivement en poussant des cris qui ressemblaient presque à des hurlements ; la foule sautait aussi en poussant les mêmes cris.

Nous re;s>tâmes là environ une demi- heure, pendant laquelle on ne cessa de secouer la malheureuse mariée : il semblait même que Tenthc^usiasme de ces forcenés tut encore augmenté pAr notw prê:?ence.

Fatigué à la nu de regarder sauter îa cag^ sans voir la mariée, je prv^mencsi: me:> reg;ju^is >;ir la îôule pour ejLamîner le* iViamc^ : je Tavo^te* aimable lectrice : uiais^ 4, **«* a^ ^%î. ftjÀ ^ yf '«^* car c^esç >ïa^ ton; pv'Ur vcu.:> è:re a^^rrvdiVZc ce aiu. >ie pv^:iVv£r vo-> parier eu K^sur ce:?^ cju3^;f:> 3^ajLri«:faLu^^:!^ ^:ie je ae ucgli^>f^: aîiC'JUiKr svcjfcsi.*::^ I^ I':e> ^\ji32::t'er; cr. ceîîe

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