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CHAPITRE IV

cinq lettres pour me recommander chaudement à ses amis et me ménager un bon accueil partout où je pourrais me présenter. Ces lettres étaient adressées à:

10 £1 Hadj Ahmed, chef des Touareg Hoggar, Khatama et tous les gens du Hoggar ;

2o El Hadj Khenoukhen et tous les gens des Azguer ;

30 Si Mohammed bou Aïcha, caïmacam de Khadamés ;

40 Si El Hadj Attiya, kebir de Ehadamès ;

50 Tous les gens de Ehadamès. (Voir les n^s 10 et 11 de Pannexe.)

Ainsi que je Pai dit plus haut, mon intention n'était point de m'aventurer chez les Touareg ; mais on me donna néanmoins des lettres pour eux, parce que des événements imprévus pouvaient me jeter sur leur territoire.

Les journées des 23 et 24 furent employées en préparatifs de toutes sortes et notamment à compléter mes provisions de bouche

Si Mohammed ben Driss, dont la sollicitude se montra toute entière en cette circonstance, me fit présent de deux mesures de farine et d'une mesure de couscoussi ; et en cela faisant, il me rendit un trèsgrand service, car Ali avait parcouru toute la ville sans en trouver à acheter ; il me donna encore une excellente longue-vue et deux tonnelets de. 60 litres pour loger ma provision d'eau. De mon côté, j'avais déjà acheté une outre de la contenance de 30 litres environ, mais je m'en tins là, car j'étais persuadé alors que les barils étaient bien supérieurs aux outres pour le transport de l'eau à travers le Sahara.

L'agha m'engagea à laisser à Touggourt les caisses

que j'avais apportées de Biskra, et cela afin de ne

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pas Attirer en route l'attention des nomades qui, en vojrant une caisse, flairent de suite la présence d'nn Européem; pour les remplacer, il me donna deux grands paniers en côtes de palmiers, appelés chotiaris; dans l'un de ces paniers Ali plaça une partie des vivres, «t dans l'autre la batterie de cuisine ainsi qu'une réserve de dattes, de farine et de couscoussi.

Mes malles en cuir devaient être logées dans les tellis et faire la charge d'un second chameau^ mais il en fallait tin troisième pour porter l'eau, et mon guide n^en avait amené que deux. Cependant il fit observer que, jusqu'au lieu où était campée sa nezla, c'est-àdire jusqu'au sixième jour de marche vers le sud, nous trouverions de l'eau presque tous les jours, et qu'en conséquence nous n'avions pas besoin d'en faire de grandes provisions ; une fois dans sa nezla, nous prendrions un troisième chameau pour la traversée des grandes dunes.

L'agha me dit alors que, comme je. n'avais pas prévu ce surcroît de dépenses, il me priait de lui permettre de m'en défrayer, et il donna à Eabah trois douros au-dessus du prix qui avait été arrêté pour chacun des autres chameaux, c'est-à-dire 75 fr., en insistant pour que ce chameau fût un maharî. Cet excellent homme me fit encore observer que si je venais à être dépouillé en route, je me trouverais fatalement sans ressources et il me donna des lettres de crédit pour Rhadamès, dont une pour Si ElHadj Attiya. Enfin il me chargea de deux superbes haïks destinés, l'un au caïmacam, l'autre à Si El Hadj Attiya.

Tout étant ainsi préparé, je quittai Touggourt le lundi 25 janvier, à 2 heures après midi, accompagné de l'agha, du médecin Si Mohammed ben Sayah, de

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