CHAPITRE PREMIER
Belet Amer. Le premier bivouac Areg ed Dem. Une nezla d'Oolad Amer. La sebkhat el Merkeb. Koudiat en NeyeL Koudiat el Hassi el Mâmmar. Aïn Çahan. Les Béni Cour. Koudiat el Harchem. Bir el Ghannami. Un fleuve mort Une tombe. L'oued Igharghar. Les gour au clair de lune. Une triste histoire.
Le mardi 26 janvier, nous étions debout bien avant le lever du soleil pour faire nos préparatifs de départ qui demandèrent un certain temps, car nous étions fort embarrassés pour loger le surcroît de provisions que je devais à la munificence des marabouts. A 6 1/2 heures, Si Mâammar entra dans la cour, suivi de deux serviteurs qui nous servirent du café, et à 7 heures, les chameaux étant chargés, nous franchîmes l'enceinte de la zaouïa.
Peu après, nous arrivâmes sur les bords d'une grande seplcha dans laquelle nous devions marcher pendant plus d'une heure. Là, je pris congé de Si Mâammar en le remerciant de sa généreuse hospitalité, et je m'élançai vers l'inconnu.
Nous descendîmes, par une pente douce, dans le grand bassin desséché dont la largeur moyenne peut être de 2000 mètres ; il est entouré de collines peu élevées^ d'où sortent des sources artésiennes qui
arrosent à droite et à gauche, sur une étendue d'un kilomètre environ, de petites oasis appartenant à la zaouïa. Le fond de la sébkha^ recouvert d'une blanche couche de magnésie, est parfaitement uni et dépourvu de végétation.
A 8 heures 10, nous sortîmes de la sebkha^ qui
paraît se prolonger encore très-loin vers le sud-est, et
nous marchâmes sur un sol gypseux, sablonneux,
. très-accidenté, parsemé de quelques touffes de tama-
rix et de zèita.
A 8 heures 30, nous passâmes à côté de la zaouïa de Sidi Mohad Sayah, laquelle se compose de deux petites constructions en terre: l'une, de forme allongée, est surmontée de deux dômes ; l'autre, de forme carrée, est couronnée d'un seul dôme. Ces constructions sont régulières et proprement établies.
A 8 heures 40, nous passâmes devant le grand village de Bdet Amer^ enclavé dans une belle oasis qui se prolonge vers le 'sud sur un espace de 1500 mètres et va rejoindre, vers le nord-est, l'extrémité de la grande sébkha. Les maisons de ce village, le dernier que je devais trouver sur ma route jusqu'à Rhadamès, me parurent dans un état de dégradation extrême; quant à la population, elle se compose, comme celle de l'Oued Eirh, d'individus des nuances les mieux graduées entre le blanc et le noir.
A droite de la route et en face du village, s'élevaient une cinquantaine de tentes de nomades. Auprès de chaque tente et établis par les ménagères ambulantes, de petits toits en alfa, supportés par quatre piquets, abritaient les outres pleines d'eau des rayons du soleil.
A 9 heures, nous nous arrêtâmes pour déjeuner près d'un puits artésien arabe appelé Atn Artous,