CHAPITRE I
imquel nous fîmes en même temps notre provision i'eau. Ce puits artésien, dont les eaux peu abondantes arrosent un petit jardin de palmiers, est recouvert de troncs d'arbustes destinés à le préserver des éboulem^nts de la colline au pied de laquelle il est creusé.
Nous repartîmes à dix heures pour marcher à travers une plaine très-accidentée, couverte de calcaire en décomposition et parsemée de minces lamelles de gypse qui brillaient dans toutes les directions ; le sol est parfois très-sablonneux et il nouirit alors une heUe végétation d'alfa.
A 11 heures 20^ nous traversâmes, pendant 10 minâtes, une petite sébkha^ bordée à droite par une chaîne de dunes de 15 à 20 mètres de hauteur.
A 1 heure 10, j'aperçus à droite et à une faible distaiice une veine de sable, se prolongeant parallèlement à la route, sur une étendue d'un kilomètre ; cette veine est appelée Areg Ensa.
Après avoir laissé du même côté une colline isolée, haute de 100 mètres environ, que mon guide me dit s'appeler Koudiat ez Zebâar Tachour^ nous nous arrêtâmes à 3 heures 50, sur un point élevée au milieu de hautes touffes d'alfa, où nous établîmes notre bivouac.
Dès que les chioneaux furent déchargés et pendant qu'Ali préparait le café, que je continuai toujours de prendre avant et après le repas, à la mode des Arabes, le guide alla écouter les bruits des alentours afin de s'assurer que nous étions bien seuls dans ces parages. Nous soupâmes avec du couscoussi au mouton, assaisonné d'une sauce aux oignons et aux pommes de terre ; puis, après avoir pris une seconde tasse de café, chacun choisit une grosse touffe d'alfa derrière laquelle il s'établit pour dormir. Ali et moi étions
pourvus de grosses couvertures de laine, mais Eabah et son fils se contentèrent de se couvrir d^un second bernons, dont ils rabattirent le capuchon sur leurs yeux.
Quant aux chameaux, que Ton avait laissés paîtrQ librement, sans entraves, au milieu de la riche végétation qui nous entourait, ils vinrent d'eux-mêmes s'agenouiller en ruminant à une faible distance du bivouac.
Le lendemain 27, nous étions debout à 4 heures ; une longue bande de nuages noirs bordait l'horizon du côté du sud ,* le thermomètre ne marquait qu'un degré au-dessu^ de zéro, il soufflait une faible brise du sud «est.
Nous prîmes la tasse de café de rigueur, puis, ayant chargé les chameaux, nous partîmes à 5 heures 40, dans la direction du sud-ouest, à travers la même plaine accidentée que la veille.
Je remarquai que les dépressions de cette plaine avaient une direction générale du sud-est au nordouest, qu'elles étaient pierreuses ou graveleuses, parsemées de rognons de quartz et presque sans végétation ; tandis que les hauteurs étaient sablonneuses et couvertes d'alfa et d'arbustes, parmi lesquels je distinguai la petite plante tinctoriale à laquelle les Arabes donnent le nom de soueda.
D'un point plus élevé que les autres, j'aperçus au loin, à l'ouest et ayant une direction parallèle à celle que nous suivions, comme une grande vallée unie, bordée à l'horizon par des hauteurs abruptes.
A 6 heures 45, nous entrâmes dans un enchevêtrement de veines assez élevées, formées d'un sable roux, que les Arabes appellent Areg ed Dem^ c'est-à-dire Veines de sang, à cause de leur couleur plus foncée