CHAPITRE PREMIER
Les Ziban. Biskra et ses environs. Séjour forcé. Le premier mirage. Préparatifs de départ.
En descendant le col de Sfà par la route qui serpente au milieu des galets détachés par les ouragans des flancs escarpés du Djebel Bourzel, Pœil étonné du voyageur embrasse une plaine immense qui se déroule vers le sud jusqu'à Tborizon lointain.
Cette plaine est Pimage fidèle de POcéan, il serait difficile de dire exactement quelles sont ses limites.
Comme POcéan, certaines de ses parties sont parsemées d'îles arrosées et fertiles, lesquelles sont les points de relâche des caravanes qui la traversent, et ces îles sont tantôt isolées, tantôt groupées en archipels.
Comme POcéan, elle a ses calmes énervants, ses tempêtes horribles pendant lesquelles ses flots de sable s'élèvent jusqu'aux nues, et ses parties mystérieuses qui sont encore inexplorées.
Cette plaine, c'est le Sahara^ dont le nom signifie désert fauve et nu^ et les îles dont elle est parsemée s'appellent oasis, en arabe El Ouahhat,
Avant de m'enfoncer dans les profondeurs inconnues de la plaine sans limite, je vais essayer de donner une description aussi exacte que possible des parties que j'ai traversées du Sahara algérien jusqu'à Touggourt, où les touristes peuvent se rendre maintenant en toute sécurité. Ce pays est parsemé de belles et fraîches oasis, mais peu de voyageurs ont encore osé s'y aventurer; c'est pourquoi je crois utile de le faire connaître, car il mérite d'être visité à plus d'un titre.
L'archipel des Ziban ^ est celui qui se présente le premier à la vue du voyageur qui descend dans le Sahara par le col de Sfa, et l'oasis la plus rapprochée de la côte, laquelle est représentée ici par le Djebel Bourzel, est l'oasis de Bîskra.
Les Ziban sont divisés en quatre parties qui sont les suivantes : le Zah de Biskra^ qui sera l'objet d'une description spéciale ; le Zah d Chergui ou de l'Est ; le Zah d Guébli ou du Sud, et le Zah d Daharouï ou du Nord.
Le Zah d, Chergui ou de l'Est se subdivise en deux parties, dont l'une a été détachée de l'administration des Zihan. La partie qui entre dans cette administration comprend dix oasis, qui sont :
Filiach
420 hab.
Sidi Okba
3000 hab.
El Alia
Garta
Oumach
Tfouda
Chetma
Seriana
Drâa
Sidi Khelil
En tout : 5059 habitants.
* Ziban (pron. Zibane), singuUer Zaby siguiae oasis ; mais cette dénomination s'applique spécialement aux oasis qui s'étendent au sud de la province de Constantine, Ce nom vient probablement de la racine taba^ mot qui indique Vinstabilité et qui signiûe en outre : boire à grands trattt^ en se âêpfchant
GHAPITRB I. 15
Une école de droit musulman existe à Sidi Okba, et Pon peut voir dans cette oasis le tombeau du saint marabout qui lui a donné son nom. ,
La partie du Zab d Chergui détachée des Zïban s'étend vers le sud-est, du côté des frontières tuiiisiennes et au nord du S ouf; elle forme un caïdat séparé et comprend six oasis, qui sont : Liana Zeribet el Oued
Queçar Zeribet Ahmed
Badès Aïn en Naga
Le Zah el Gv^hli ou du Sud comprend neuf oasis, qui sont :
Mellili 240 hab. Ben Thious 170 hab.
Zaouïet Mellili 78 » Mekhadma 187 »
Bigou et Zaouïa 158 » Lioua 159 »
Ourlai 625 » Sahira 125 >
El Menahla 150 >
En tout : 1892 habitants.
Le Zàb el Daharoui ou septentrional, dont la position est au sud-ôuest de Biskra, comprend sept oasis, qui sont :
Bou-Chagroun 543 hab. El Bordj 542 hab. Lichana 417 » Foughala 98 »
Farfar 290 » El Amri 530 »
Tolga 1664 »
En tout : 4084 habitants.
La ville de Zaatcha fut prise et détruite, en 1851, par M. le général Herbillon, après une défense opiniâtre. Pour perpétuer le souvenir de cette lutte et afin qu'un terrible exemple demeurât constamment sous les yeux des Arabes de ces contrées, il fut décidé que Zaatcha ne se relèverait jamais de ses ruines. Les survivants, demeurés sans asile, élevèrent alors, à une faible distance de la ville détruite, le joli vil-
16 PSEMIÈRE PARTIE.
lage de Liehana, où Ton fabrique des tapis estimés. L'oasis de Zaatcha est encore renommée pour l'excellence des raisins que Fon j récolte.
n existe à Tolga nne grande école de drrà mnsnlman.
On j admire la zaonïa de RakmemeL, dont le chef actuel est Si Ali ben Amor, Fan des chefs les plus Yertnenx et les plos influents de Tordre religieux des Khouan^ dont il sera parlé plus loin, dans un chapitre spécialement consacré aux ordres religieux.
Les principales industries de Tolga consistent en fabriques de couvertures estimées {hkaoulis) et de pantoufles en cuir jaune {ioMhias)^
Outre la population sédentaire des Ziôoii^ il existe encore, dans cette partie du Sahara, une grande tribu nomade, celle des Oulad i^di Saiakj établie sous des tentes et formant les riUages ^£1 J3aoiidb,^**'«Sri Mohammed Moussa et de Z^mâ J^di Salah. L:*' position de cette tribu, forte de 3000 âmes, est MM sudest de Bis^kra, au sud du Zab ei Cher^uL '^ *
En général, les habitants des oasis s'occupent surtout de la culture du palmier, de Télevage du bétail (chèvre», moutons et chameaux\ du tissage des rêtements et des tapis«
Outre les palmiers, au nombre de 556^442, on j cultive encore Torge en grande quantité^ la garance et le hennés Le* rai^n« y «►ont excellents et la vigne y donne deux rêv\4t^?*^ niwù* elle n\ e«jt pas abondante; le ti^ier^ r\4Wi^\ rvwa^[e«r et W citronnier y sont en petite quautitê.
Il y exWtè deux iuvvuU>v^ ii^^t^^ui^sk Uv^nt Fun à Biskra et Fautre «nuv l\^u^ M^IvIk |4>^ v^u^ autres plus petits» dvxut huit pv^uv W KnUvau