CHAPITRE I
LMnstruction est donnée dans deux cents écoles^ dont neuf exclusivement religieuses (zaouiaj et neuf de droit musulman.
Les gens des Zïban, laborieux et d'un caractère doux, s'expatrient volontiers pour aller remplir, dans les villes du littoral, les. plus humbles emplois ; ils sont généralement commissionnaires, portefaix ou décrotteurs. C'est improprement qu'on les appelle Biskrîs^ puisque Toasis de Biskra n'est qu'une toute petite partie des Zïban. Les Souafa (gens du Souf), qui s'expatrient en bien plus grand nombre, sont toujours confondus avec les gens des Zïban par les Européens, qui leur donnent la même dénomination de BïsTcris,
J'ai dit plus haut qUe la première oasis dans laquell pénètre le voyageur qui entre dans le Sahara pa^* col de Sfa, est celle de Biskra. Occupée par les 1 'içais depuis le 4 mars 1844, cette oasis a été, depuib ^ors, en partie transformée.
Tout d'abord l'on aperçoit une ville à moitié cachée sous des flots de verdure: c'est le Nouveau Biskra^ dont les rues, tirées au cordeau, sont bordées de belles et solides constructions ; le premier étage de chaque maison repose sur d'élégantes arcades, abritant ainsi les trottoirs et protégeant les promeneurs contre les rayons du soleil. Dans les larges rues, sur les places, sur les promenades, aux alentours de la ville, la verdure est partout, l'eau coule à flots sous la verdure, et il fait bon respirer, dans ce séjour de délices, dans cet Eden trop peu connu, au milieu de Tombre et de la fraîcheur.
Celui qui n'a vu la verdure renaître, au printemps, que dans les pays du Nord, sous les froids rayons d'un soleil si pâle, qu'on distingue à peine son disque
au milieu de la voûte brumeuse du firmament, ne peut se faire une idée de la vigueur avec laquelle la végétation se développe dans les chaudes régions sahariennes, lorsque des sources abondantes, habilement dirigées, entretiennent dans ce sol toujours tiède une humidité suffisante.
Il y a quatre années à peine, le Nouveau - Biskra^ bâti au nord et en dehors de la forêt de palmiers au milieu de laquelle est cachée la ville arabe, s'élevait misérablement sur une plaine d^argile, unie, presque nue, au milieu de laquelle végétaient quelques maigrès palmiers dont les têtes, tristement inclinées vers le sol, semblaient implorer les colons impuissants et leur demander l'arrosage indispensable à leur fécondité.
A cette époque, c'est-à-dire au moment où l'Algérie toute entière venait d'être ébranlée par la crise J;errible qui avait mis un instant en péril la domination française, le gouvernement d'Alger plaça à la tête de Tadministration de cette partie du Sahara algérien, un homme dont la droiture, Tintelligence et l'activité constante ne devaient pas tarder à transformer ce coin de terre si triste et si nu.
A peine installé à Biskra, M. le commandant Crouzet se mit à l'œuvre : un barrage en maçonnerie fut solidement établi dans le lit de l'oued qui coule, du nord au sud, à l'ouest de la ville ; les eaux, dirigées par de nombreuses séguîas (canaux), s'infiltrèrent partout dans l'argile, et l'on vit surgir, comme par enchantement, ces belles et vigoureuses plantations qui font aujourd'hui les délices des habitants en même temps que l'admiration des touristes qui se rendent, chaque hiver, dans ces lointains parages.
Au nord-est de la ville se trouve le fort Saint-