‹ Le SaharaChapitre 77 sur 194 · CHAPITRE in · texte numérisé non relu

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sonterraînes que les puisatiers de l'Oued Rirh savent ramener à la surface pour l'irrigation de leurs oasis. Il n'est pas besoin, du reste, d'aller en AMque pour étudier ce phénomène : il se produit en petit dans plusieurs parties de la France, où il est la conséquence du déboisement des montagnes ; et dans nombre de pays on a pu constater, à l'aide de .la sonde/ l'existence de véritables rivières souterraines. En cherchant bien sur les côtes, on trouverait certainement les points où ces rivières aboutissent à la mer.

•L'Algérie, on ne peut en douter, était menacée de la même destruction que le Sahara. Malgré la grande surveillance et les peines sévères dont on les frappe, ne voit- on pas, chaque année encore, les Arabes incendier les forêts ? C'est que les Arabes d'Algérie sont avant tout pasteurs : ils sont nés tels et ce genre de vie convient admirablement à leur nonchalance naturelle et à la simplicité de leurs goûts ; ils ne deviendront agriculteurs que par la force des choses, lorsqu'ils se verront dispersés, isolés, enserrés dans les réseaux de la colonisation.

Je suis donc convaincu que le déboisement a été la cause de la disparition des eaux du Sahara, et la cause, par conséquent', de la désagrégation des roches et de la formation des sables.

Mais je reviendrai plus loin sur cette importante question.

Nous nous mîmes en marche à 5 h. 35, et 20 minutes après nous gravissions la rive sud du fleuve par une pente douce ; puis, nous cheminâmes entre deux chaînes de petites collines peu élevées et très-rapprochées.

A 6 h. 45, après avoir passé entre deux gour de forme pyramidale, ayant 25 mètres de diamètre à la

base et hauts de 40 mètres environ, qui se dressaient^ de chaque côté de notre route, comme les débris imposants d'un travail cjclopéen, nous nous trouvâmes en présence d'un massif de hautes dunes appelées Oughroud d Maguetla ou les Oughrovd de la Bataille. Ces dunes, élevées de plus de 160 mètres, sont disposées en lignes parallèles allant du sud-est au nordouest ; elles sont très-r approchées et reliées entre elles par des veines et des siouf ; leur forme est pyramidale, avec trois ou quatre arêtes ou angles saillants qui, partant du sommet, se confondent à la base avec les vdnes et les siouf qui relient ces oughrovd ; ces arêtes sont arrondies d'un côté et taillées verticalement du côté opposé, effet produit par les vents qui, en soufflant, chassent toujours devant eux le sable fin et mouvant de la surface des dunes. Quant aux veines j}^ remarquai que, généralement, leur direction était du nord-est au sud-ouest et qu'elles ne reliaient les oughroud entre eux que dans le sens de cette direction; leurs sommets sont souvent taillés comme les arêtes, c'est-à-dire arrondis du côté du vent et k pic du côté opposé ; c'est cette forme qui a fait donner le nom de siouf (sabres) aux grosses dunes qui tiennent le milieu entre le ghourd f sing. à? oughroud) et la veine, A 7 h. 40, nous entrâmes dans ces dunes que nous traversâmes par mille détours, marchant péniblement sur cette voie mouvante ; enfin, nous débouchâmes dans une grande plaine, d'abord pierreuse, puis bientôt sablonneuse et couverte alors d'une riche végétation de sfâr^ de henna, de retem^ etc. Marchant d'abord vers le sud-ouest, j'aperçus au loin, à gauche, plusieurs pics de sable formant une chaîne parallèle à celle que nous venions de franchir ; ces dunes portent le nom d' Oughroud Beikboul ou Batkboul ;^ un

^ Ce nom est composé de deux mots : bath, yerbe-ndne qui

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