CHAPITRE ni
élevé au pied duquel nous étions campés. Arrivé au «ommet, je jugeai que ce ghourd avait environ 180 mètres d'altitude.
Regardant vers le nord, j'aperçus une plaine immense au milieu de laquelle je reconnus très-bien, Jusqu'au point où il se bifurque, le lit sinueux de Vlgharghar^ que je pus suivre encore dans la courbe qu'il décrit vers l'ouest, excepté toutefois du côté des oughroud d'El Achiya qui font partie de la chaîne au pied de laquelle nous étions campés, et près desquels est creusé le puits de Bir el Achiya. Revenant •ensuite vers le sud, je vis que le fleuve mort allait passer au pied des dunes de BetKboul^ où il se dérobait encore à ma vue.
Je ne dois pas omettre à cette place une observation très-importante : c'est que partout où le lit de l'ancien £euve est ouvert aux vents d'est, les rives sont beau- -coup plus élevées que dans les autres endroits ; il est à peu près certain que ces vents ont creusé le lit en s'y engouffrant et l'ont élargi même sur plusieurs points, jusqu'à de petites hauteurs qui ont dû être, à une époque, assez éloignées des rives ; c'est ce qui explique la hauteur anormale de celles-ci, et aussi la présence de dunes sur tous les points où nous opérions notre descente.
Il me fut facile de juger que les oughroud étaient disposés en longues chaînes parallèles, dontla direction était du sud-est au nord-ouest ; la chaîne sur laquelle je me trouvais était la plus septentrionale, puis venait celle dont font partie les dunes de Bethboul, derrière laquelle je voyais encore d'autres pointes blanches se dessiner sur le fond gris du ciel. Vers le sud-est, les dunes paraissaient plus serrées et plus élevées ; à partir du point où j'étais, elles étaient disposées par groupes qui allaient s'éclaircissant vers le nord-ouest.
La couleur des sables dans ces contrées est fauve clair, comme le grès saharien dont ils sont certainement formés ; mais il faut qu'ils soient transportés de très-loin par les vents, car, excepté sur les rives du fleuve, les grès de ces parages ne sont pas dans un état de décomposition assez avancé pour que le vent puisse achever de les désagréger et les réduire en sable fin.
Après une assez longue promenade à travers ces dunes dont la surface n'était mouvante qu'à 30 centimètres de profondeur en moyenne, je rentrai sous ma tente où je continuai d'écrire jusqu'à l'heure du déjeuner.
A 1 heure, le thermomètre ordinaire et le thermomètre fironde ne marquaient que 15 degrés à l'air libre ; le ciel était toujours couvert et il soufflait un assez fort vent du nord-est
Les hommes étant restés assis à Tentrée de ma tente, je demandai à mon messager à quelle heure il comptait se mettre en route pour Ouargla ? Il me répondit qu'il ne partirait qu'assez tard dans la nuit parce que, lorsqu'il était allé chercher de l'eau à Bir d Achiya^ il avait donné rendez-vous, près de ce puits, à d'autres pasteurs Châamba qu'il devait y rencontrer le lendemain matin au/edjer,^ et avec qui il voyagerait pour plus de sécurité.
Comme mes provisions de viande étaient épuisées, je demandai à mon guide s'il consentirait à me vendre un mouton. Il me dit que ses moutons étaient à moi et que j'étais libre de les prendre tous, même sans les payer.
Je savais ce que cela voulait dire. J'ordonnai à
* Lever de Taurore.