‹ Le SaharaChapitre 85 sur 194 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

décrit sa courbe vers l'ouest, comme je l'avais observjé du sommet du ghourd, venait couper notre route pour aller décrire une nouvelle courbe vers l'est. La rive nord est en pente douce et haute de 15 mètres en-, viron ; à droite, le fond est uni et sablonneux, mais à gauche il est obstrué par de hautes veines qui se continuent jusqu'aux deux tiers de sa largeur. A l'ouest, paraissant surgir du lit desséché^ on me fit remarquer un ghourd très-élevé, appelé Ben el Quetoutay c'est-à-dire le Fils de la Chatte^ au pied duquel se trouve le puits du même nom, empoisonné par le cadavre d'un Arabe qui s'y était laissé tomber en remplissant ses outres.

Il faut que l'iitsouciance de ces nomades soit bien grande, car nul ne s'était donné la peine d'essayer de retirer le cadavre de ce malheureux qui ppurrissait dans le puits depuis plus de deux mois.

Après une traversée qui ne dura pas moins d'une heure et demie, nous gravîmes la rive sud, qui est beaucoup plus élevée que l'autre, à cause des collines qui la bordent, lesquelles sont recouvertes en partie par le massif de dunes appelé Oughroud Bethbouly dont il a déjà été question.

De 10 h. 40 à 11 h. 5, il nous fallut, pour tourner un gros ghourd, haut de 200 mètres environ, marcher dans un labyrinthe de veines et de siouf^ dont la surface mouvante et taillée en lames de sabre rendait la marche très-pénible.

Nous marchâmes ensuite pendant une heure dans une plaine très-unie, couverte de graviers fins, à travers lesquels végètent çà et là quelques maigres touffes de l'arbuste épineux appelé zimeran.

De midi à 1 h. 10, nous traversâmes trois branches de l'Igharghar, entre lesquelles se trouvent deux

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îles, couvertes de cailloux de grès saharien en décomposition, parmi lesquels je remarquai quelques morceaux d'albâtre tuffeux. Dans l'une de ces îles, qui sont usées et déprimées par les vents qui changent en sable le grès décomposé, je ramassai un morceau de quartz pyromaque, parfaitement arrondi par les eaux qui Pavaient autrefois roulé ; d'autres morceaux cassés étaient épars à travers le grès.

La première branche porte le nom du fleuve (Ighargharj et la dernière celui à^oued Dzerebia^ c'est-àdire Rivière agile] les rives, peu élevées, sont généralement en pentes douces; de nombreux gour se montrent à droite et à gauche dans le lit tantôt graveleux, tantôt sablonneux, et l'on aperçoit au loin, dans toutes les directions, les pointes blanches des oughroud.

Le/encA:, sorte de petit renard fauve, pullule dans ces parages.

Là, je quittai définitivement le lit du fleuve mort, qui se dirige ensuite vers le sud sans sinuosités notables, me dit-on.

L'oued Igharghar, dont je venais de relever le lit principal dans la plus grande partie de son bassin inférieur, ne paraît pas avoir été connu des anciens, qui n'avaient, du reste, que des données très-vagues sur l'intérieur de l'Afrique.

Les Homains ont bien connu le lac Tritonide, qui était peu éloigné du littoral; grâce à leur expédition de Phazanie, ils ont bien pu avoir aussi des renseignements assez précis sur le cours de l'ancien fleuve Triton (l'oued Souf), dont ils placent les sources près de la gorge Garamantique (Khât), et qui, au dire d'Hérodote, se jetait dans le grand lac Tritonide; mais ce qui prouve qu'ils ne sont pas allés, au sud de

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