CHAPITRE III
PAtlas, plus avant que Biskra, c'eat que, dans cette direction, leurs géographes ne parlent^ en fait de cours d'eau, que de Toued Djedi, qu'ils appellent Nigrîs et qui, au dire de Pline et de Juba, « sépare l'Afrique de TEthiopie. » Les mêmes géographes avaient aussi une idée assez vague de l'oued Guir CGrir de Ptolémée), qu'ils confondent souvent avec le Ntgris^ en donnant de l'un une description qui se rapporte exactement à l'autre. Si les Eomains se fussent avancés au delà de l'Atlas, jusqu'au point où s'élève le chef-lieu actuel de l'Oued Rirh, nul doute qu'ils auraient eu connaissance de l'Igharghar qui, descendant du Hoggar, réunissait ses eaux, tout près de Touggourt, à celles de l'oued Mia, autre grand fleuve aujourd'hui desséché, qui avait ses sources dans le Tidikelt, au nord d'Aïn Çalah. Les eaux réunies de ces deux grands fleuves formaient l'oued Rirh, ^ que les Komains ne paraissent pas avoir connu davantage, si ce n'est que vaguement et par ouï-dire ; dans ce cas, ils l'auront confondu avec le Triton^ tout comme Ptolémée a confondu entre eux le Gir et le Nigris.
Après avoir quitté le lit de l'Igharghar, nous entrâmes dans une grande plaine couverte de graviers fins, d'où nous apercevions à droite et à gauche, mais à' des distances assez considérables, des dunes trèsélevées.
A 1 h. 55, nous nous arrêtâmes 15 minutes pour
' Les vieux Rouarha disent qu'ils se rappellent avoir vu, dans leur jeunesse, un mince filet d'eau couler encore dans le lit aujourd'hui complètement desséché de l'oued Rirh; ils parlent même de débris de ponts qui seraient encore très-reconnaissables à de certains endroits ; mais je n'ai pas été à même de vérifier l'existence de ces déhris.
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déjeuner, après avoir âranchi une yeine hante de 10 màtreSf dont la direction était dn sud-est au nordouest La plaine est ensuite couverte de grès en décomposition.
Le ciel s'était couvert de nuages sombres, le vent soufflait toujours du nord-est, et la pluie tomba avec :violence pendant dix minutes environ.
A 8 h. 36, nous entrâmes dans un encbevêtrement de petites dunes sur lesquelles poussent avec vigueur Vaifa^ le refom, le zimeran^ le had^ petit arbuste épineux^ et Vazd^ bel arbrisseau que je devais retrouver plus loin tout couvert de fleurs.
Les gazelles commencent à se montrer très-nombreuses dans ces parages ; aussi mon guide, qui allait toujours en avant pour éclairer la route, marchait-il avec les plus grandes précautions dans l'espoir d'en surprendre quelques-unes à portée de son fusil.
Nous nous arrêtâmes à 4 h. 5 à la sortie des dunes, au pied d'un ghourd élevé et à l'entrée d'une plaine graveleuse appelée Zerâat et Tharfétan Ibrahim, ou 8emÎ8 des tamarins d'Ibrahim. Ne voyant pas de tamarins aux alentours, je demandai à mon guide pourquoi ce lieu s'appelait ainsi. Il me répondit que le lendemain il me montrerait les tamarins.
A 5 h. 30 du soir, comme nous nous disposions à souper, le thermomètre marquait 10 degrés, le ciel était sombre, et la pluie, qui commença de tomber vers 6 heures, dura la plus grande partie de la nuit, mais assez faiblement, car nos couvertures ne furent jpas transpercées. Eabah et son fils, qui n'avaient que leurs bernons pour se couvrir, furent complètement mouillés.
Le mercredi 3 février, nous partîmes à 6 h., par un temps superbC; dont nous avions du reste le plus