CHAPITRE y
ne m'en étais pas très-bien ponrvn,- j'avais voulu es- «ajer de marcher pieds nus dans mes souliers ; puis, voyant que cela n'allait pas, j'avais pris le parti de faire comme les Châamba, c'est-à-dire d'aller sans souliers ; mais comme je n'en avais pas l'habitude, il en était résulté une enflure à la cheville gauche qui me faisait beaucoup souffrir. Je n'y fis- pas d'abord grande attention, 'pensant qu'une nuit de repos suffirait pour me guérir, mais j'eus lieu de m'en repentir, car mon mal ne fit qu'augmenter les jours suivants, et il ne fallut pas moins de plusieurs jours de repos et de soins assidus à Ehadamès pour le faire disparaître.
Pendant que le souper cuisait, je fis avec Ali Tinventaîre de nos vivres : nous n'avions plus de couscoussi que pour trois jours, pour deux jours de viande, et de farine pour quatre galettes ; le sucre, le café et le thé ne manquaient pas, il restait trois boîtes de tapioca et des dattes en quantité.
Je décidai que la galette du matin serait réduite de moitié ; que nous ne mangerions, le soir, qu'une demi-ration de couscoussi ou de tapioca en alternant et qu'on finirait les repas avec des dattes. Quant au thé et au café, nous pouvions en prendre à volonté, et la viande courait dans les dunes. Nous n'étions donc pas si malheureux.
Après le souper, qui fut gai malgré nos fatigues, je choisis le moment où les Châamba avaient le dos tourné pour remplir d'eau une petite timbale, puis sous prétexte dememédicamenter les pieds, j'allai me cacher derrière un arbrisseau et je me lavai les mains et le visage, o pération que je me serais bien gardé de faire devant mon guide, qui aurait trouvé très-mauvais que l'on gaspillât ainsi l'eau, parce que nous en pouvions
manq aer en roftte. En cela j'étsîs bien de son stî». maïs la nalpropreté ni:^étaît pins dnre i snpporter qae les fmà^té ec qnoiqne /ensse tenn bon depixÊs Hassi Botthin^ n m'étah impossible de résister plus longtemps à la tentation.
Le fait est qne les barils ont, dans le désert trois ineoBTénientB graves dont il fant tenir compte: 1* Fean t est toujours très-ehande ; 2* FéTaporation est très-considérable; Z^ lorsqu'ils sont à moitié rides, le baDottetnent fatigne beaucoup les chameaux. Dans les ontres bien goudronnées, an contraire. Fean se eoBserre très-bien et toujours très-ôaîche ; malbeareusement les outres de mon guide étaient mal goudfonnéeSf ainsi que nous le rerrons plus tard.
Donc, par suite de Févaporation, Feau diminuait à Tue d'œil dans nos barils, et c^est pourquoi Babah es était si arare — dans mon intérêt^ disait-il.
A 6 h. 30 du soir, le thermomètre marquait 14^ 5 : le ciel était en partie eouvert et le rent soufflait arec ▼iolenee du sud-ouest. La nuit se passa bien, malgré quelques gouttes de pluie qui tombèrent rers 3 h. dn matin.
Le mercredi 10 février, nous nous mîmes en marche à 6 h., et nous traversâmes pendant une demi- heure la rallée d'er Râbia^ laquelle est, comme les précédentes, toute barrée de hautes veines ditticiles à franchir. Mon guide m^ayant dit qu'il pleuvrait certainement dans la journée, je semai tout en marchant, sur les dunes et dans les dépressions, des graines d'acacia arabica dont j'avais fait provision à Biskra, et il fat convenu entre nous que cet endroit s'appellerait à Favenir Oued ei Talhatj c'est-à-dire Vallée des Acacias.
Puissent-ils croîtra rtauiltiplmam point de cou-