‹ Le Saint empire romain germanique et l'Empire actuel d'AllemagneChapitre 103 sur 133 · Mathias, frère de Rodolphe II, régna de 1612 à · texte numérisé non relu

Mathias, frère de Rodolphe II, régna de 1612 à

allemands, servi par un général tel que Wallenstoin, Ferdinand ne se proposait rien moins que de ramener l'Empire à ses anciennes limites et de recouvrer toutes les prérogatives de la couronne sur ses vassaux. Le Danemark et la Hollande devaient être attaqués par terre et par mer; Fllalie reconquise avec le concours de l'Espagne; Maximilien de Bavière et Wallenstein auraient reçu en récompense des principautés en Poméranie et dans le Mecklembourg. Ce dernier était presque maître de rAllemag^ne du Nord, lorsque l'heureuse résistance de Stralsund fit pencher la balance hésitante de la g^uorre. Bientôt après (1630), Gustave -Adolphe franchit la Baltique et sauva l'Europe du règne imminent des jésuites. Les procédés cavaliers de Ferdinand avaient déjà alarmé jusqu'aux princes catholiques. De sa propre autorité, il avait mis l'Électeur palatin et d'autres seigneurs au ban de l'Empire; octroyé un vote électoral à la Bavière; il avait traité on pavs conquis les provinces envahies par ses troupes, les partageant selon son bon plaisir; il avait rendu toute possession incertaine en exig-eant la restitution des biens de l'Église passés en des mains étrangères depuis l'an iooo. Les protestants étaient aux abois; les catholiques, bien qu'ils se plaignissent de la flagrante illégalité d'une pareille conduite, n'osaient pas s'y opposer : le salut de l'Allemagne fut l'œuvre du roi de Suède. En quatre campagnes, il anéantit les armées et le prestige de l'Empereur, dévasta ses Etats, vida son trésor et le laissa enfin si affaibli, qu'aucun succès postérieur

ne pouvait plus désormais lui permettre de se faire redouter. Tels étaient, cependant, Fégoïsme et l'apathie des princes protestants, divisés par la jalousie mutuelle des Luthériens et des Calvinistes — quelques-uns, comme l'électeur de Saxe , Je moins glorieux représentant de sa peu glorieuse maison, à la solde du rusé autrichien, d'autres n'osant bouger, de peur qu'un revers ne les exposât à sa vengeance, — que l'issue de cette longue lutte aurait tourné contre eux sans l'intervention de la France. Ce fut le principe dirigeant de la politique de Richelieu d'abaisser la dynastie des Ilapsbourgs et de maintenir la désunion en Allemagne; voilà pourquoi il encourageait le protestantisme au dehors et il l'écrasait au dedans. Le triomphe^ de cette politique, auquel la mort l'empêcha d'assister, fut complet en 1648, par suite de l'entier épuisement de tous les combattants, et les traités de Miinstor et d'Osnabrûck devinrent dès lors la base de la constitution germanique.

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