‹ Le Saint empire romain germanique et l'Empire actuel d'AllemagneChapitre 13 sur 133 · XX PREFACE · texte numérisé non relu

XX PREFACE

tout étranger, car elle était responsable de leur sécurité sur ses droits et privilèges. Le grand jour venu, les seigneurs électeurs entendaient une messe. Ils demandaient au Saint-Esprit « d'éclairer leurs cœurs afin qu'ils élussent pour le salut du peuple chrétien un homme bon et utile ». Ils s'approchaient de l'autel oîi était ouvert l'évangile selon saint Jean : In principio erat Vei^bum.

Les trois archevêques de Mayence, Trêves et Cologne, mettaient en grande révérence leurs mains sur leurs poitrines; le roi de Bohême, le comte palatin, le duc de Saxe et le marquis de Brandebourg posaient les leurs sur le texte sacré. Ils juraient d'élire en conscience « la tête temporelle du monde chrétien », sans se laisser corrompre par aucun pacte, subside ou promesse ; puis ils se mettaient à l'œuvre. Si, après trente jours, ils ne s'étaient pas accordés, ils étaient condamnés au régime du pain et de l'eau. Le monde ne pouvait longtemps attendre son maître.

Solennel était l'empereur, qu'il fût assis, marchât ou chevauchât, dans la ses.s/o, la deambnlatio et la processlo. Dans la chevauchée s'avancent : d'abord l'archevêque de Trêves, devant lequel sont portées les couronnes d'Allemagne et d'Italie; puis le duc de Saxe, qui tient haute et nue l'épée de l'empire, ayant à sa droite le comte palatin qui porte le globe, et, à sa gauche, le margrave de Brandebourg, qui porte le sceptre; puis, l'empereur entre les archevêques de Cologne et de Mayence; derrière, le roi de Bohême; enfin, à l'intervalle convenable, l'impératrice, « revêtue 'de la robe augustale et accompagnée de ses vierges. »

Quand César dîne en cérémonie, les archevêques électeurs bénissent la table. Puis tous les trois, Mayence , archichancelier de Germanie ; Cologne, archichancelier d'Italie; Trêves, archichancelier des Gaules, suspendent leurs sceaux à des bâtons d'argent et les remettent à l'empereur. Le margrave de Brandebourg, qui est grand chambellan, s'avance à cheval, portant une aiguière et une belle serviette, pulchnun 7nanuterg'ium : l'empereur se lave et s'essuie les mains. A cheval entre le Palatin,

Page 1