‹ Le Saint empire romain germanique et l'Empire actuel d'AllemagneChapitre 23 sur 133 · XXXII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXXII PRÉFACE

rétablisse l'empire de Charlemagne, vous a fait naturellement entrer avec la Hollande et les villes hanséatiques dans le sein de l'empire. »

Charlemagne enfin a été, pour sa part d'homme , d'homme fantôme, dans la restauration des « capucinades » et des antiquités.

Ce serait un curieux chapitre à écrire que celui-ci : «Napoléon égaré par Charlemagne »; mais il suffit de dire ici que la survivance de l'empire romain à travers les âges ne s'arrête pas à l'abdication de l'empire par François II. Il est vrai. Napoléon ne s'est pas fait élire empereur à Francfort, selon les anciens rites, par le collège électoral ; il n'a pas construit une annexe au Rœmer^ pour mettre son portrait à la suite de ceux de César, d'Auguste, d'Otton, de Barberousse. Il l'eût fait peut-être, si, lors de l'abdication du dernier des Césars, il n'avait point été déjà César. Du moins, il a interprété à sa façon le plébiscite et le sénatusconsulte qui l'ont fait empereur. La nation française ne pouvait disposer que pour elle-même; elle n'avait point qualité, comme le collège des électeurs, pour élire « la tète temporelle du monde », mais Napoléon ne se croyait pas contenu dans la France; il n'a point localisé sa dignité, il n'est pas l'empereur des Français : il est Napoléon empereur. Il réside à Paris, si tant est qu'il ait résidé quelque part, mais il est empereur à Rome comme à Paris. Son imagination est si fort occupée de son universalité qu'il donne à son fils le titre de roi de Rome. Par là encore, il se rattache à la tradition du saint empire, puisque les héritiers désignés des empereurs s'appelaient (( roi des Romains. »

Si quelqu'un dans la longue série des hnperatores auçiuuli ressemble aux vrais Césars, ce n'est pas Ûtton, ni Conrad, ni Frédéric, c'est Napoléon. Il est bien « l'empereur « cet homme au profil antique et au front lauré, qui fut à la fois un général, un législateur, un administrateur et dont le génie était capable d'organiser l'univers. Il ne procède pas des empereurs du moyen âge qui laissaient les royaumes, les principautés et les territoires vivre chacun selon sa loi, s'accommodaient des droits de tous et revêtaient l'anarchie

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