‹ Le Saint empire romain germanique et l'Empire actuel d'AllemagneChapitre 40 sur 133 · Alciatus, De Fortnu/a Imperii Romani · texte numérisé non relu

Alciatus, De Fortnu/a Imperii Romani

3. Ou plutôt de l'an 801, selon l'usage adopté alors di^ faire partir l'année du jour de Noël.

messe dans la basilique de Saint-Pierre. Sur l'emplacement où le dôme gigantesque de Bramante et de Michel-Ange s'élève aujourd'hui, bien au-dessus des édifices de la ville moderne, emplacement consacré par la tradition qui veut que l'apôtre y ait été martvrisé, (Constantin le Grand avait construit le plus ancien et le plus majestueux des temples de la Rome chrétienne. Rien ne ressemblait moins à cette basilique que ces cathédrales du Nord, ténébreuses, fantastiques, irrég'ulières, avec leurs forêts de colonnes, leur profusion d'autels et de chapelles alentour, telles qu'elles présentent aux yeux de la plupart d'entre nous le type de l'architecture du moyen àg-e. Sa coupe et ses décorations, son immense halle lumineuse, sa toiture tout unie comme celle d'un temple g'rec, sa longue file de colonnes corinthiennes, les vives mosaïques de ses parois, sa clarté, sa sévérité, sa simplicité, avaient conservé tous les traits distinctifs de l'art et offraient l'image parfaite du caractère des Romains '. Du transept, une série de marches conduisait au maître autel au-dessous et juste un peu au delà de la grande arche, l'arc de triomphe comme on l'appelait ; derrière, dans l'abside en hémicycle, le clergé était assis, s'étageant par rangées superposées autour de ses murailles; au milieu, le plus élevé de tous, et par-dessus l'autel, dominant

1. On trouvera une description minutieuse de l'antique Saint-Pierre dans la Beschreibung dcr Stadt Rom de Platner et Bunsen, avec laquelle il faut comparer l'ouvrage de Bunsen sur les basiliques de Rome.

la multitude, était placé le trône épiscopal ', ancienne chaise curule de quelque magistrat oublié -. C'est de cette chaise que le pape se leva alors, en même temps qu'on achevait de lire l'évangile, et qu'il s'avança vers l'endroit où Charles — qui avait échangé son simple vêtement frank contre les sandales et la chlamyde d'un patrice romain ^ — priait agenouillé devant le maître autel, et comme il posait à la vue de tous sur le front du capitaine barbare le diadème des Césars, humbles alors et obéissants devant lui, l'église retentit des acclamations de la multitude, libre de nouveau et redevenue la tète et le centre du monde : « Karolo Augusto a Deo coronato magno et pacifico imperatori vita et victoria. » Ces cris, auxquels les Franks du dehors répondirent, procla-

1. L'usage primitif était que l'évêque s'assît au centre de l'abside, au point central de l'extrémité E. de l'église (ou, comme il serait plus correct de le dire, à l'extrémité la plus éloignée de la porte), ainsi que faisait le juge dans ces cours de justice qui avaient servi de modèle aux premières basiliques. Cette disposition se voit encore dans quelques-unes des églises de Rome, et ailleurs aussi en Italie; nulle part mieux que dans les églises de Ravenne, et en particulier dans la magnifique église de Sant'Apollinare iu Classe, et dans la cathédrale de Torcello, près de Venise.

2. Sur cette chaise étaient représentés les travaux d'Hercule et les signes du zodiaque. A Rome, elle passe pour être la véritable chaire de l'apotre lui-même, et quoi qu'on puisse penser d'une pareille antiquité, on peut la faire remonter vraisemblablement au uic ou au iW' siècle de l'ère chrétienne. (Ce qu'on a dit des versets du Koran qui y étaient inscrits est, je le pense, sans fondement.) Elle est en bois de chêne et d'acacia, enfermée aujourd'hui dans un somptueux étui de bronze et placée tout au bout de Saint- Pierre et précisément là oi^i la chaise de l'évêque eût clé dans l'ancienne disposition de la basilique. Sur le sarcophage, où reposait Charles lui-même, jusqu'à ce que les soldats français eussent dispersé ses ossements, était sculpté l'enlèvement de Proserpine. On peut le voir encore dans la galerie de la basilique d'Aix-la-Cbapelle.

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