Eginliard, Vita Karoli, chap. xxui
plans de gouvernement; pour le reste, c'était un pur Teuton. Le Rhin formait le centre de son royaume; ses capitales s'appelaient Aachen ' et Engilenlieim ^; son armée se composait de Franks; ses sympathies — comme on le voit par le soin qu'il prit de faire recueillir les vieilles légendes héroïques ^ composer une grammaire germanique, et l'ordonnance qu'il rendit contre l'usage exclusif, dans les prières, des trois langues, l'hébreu, le grec et le latin — étaient toutes pour la race dont il sortait et dont les progrès, à la suite de la victoire de l'Austrasie, la vraie terre maternelle des Franks, sur la Neustrie et l'Aquitaine, jetèrent un nouveau flot de Germains sur les contrées conquises.
Il y avait dans son Empire, comme dans son propre esprit, deux éléments, les mêmes dont l'union, l'action et la réaction réciproques ont donné naissance à la civilisation moderne. Ces vastes domaines, qui s'étendaient de l'Ebre jusqu'aux Carpathes, de l'Eyder au Liris, avaient, tous, été le prix de la valeur franke et étaient encore régis presque exclusivement par des vice-rois et des officiers d'origine franke. Mais la conception de l'Empire, ce qui en
1. Aix-la-Chapelle (appelée liketi par les écrivains anglais du xviii*= siècle). Voy. les vers cités par Perlz dans son édition d'Egiuhard et qui commencent ainsi :
Urbs Aquensis, urbs regalis, Sedes regni principalis, Prima reguni cuiia.
2. Engilenlieim, ou Ingelheim, se trouve près de la rive gauche du Rhin, entre Mentz et Bingen.