Eginhard, Vita KaroU, chap. xxix
l'empire et la politique de ciiarlemagne 95 faisait un État véritable et non une simple agglomération de tribus assujetties, comme ces grandes monarchies orientales qui ne durent que l'espace d'une vie humaine, les royaumes d'unSésostris, d'un Attila, d'un Timour , cette conception, legs d'un système aussi ancien qu'illustre, n'était pas teutonique, mais bien romaine, — romaine, par son souci de l'ordre et de la règle, son uniformité et sa précision, sa constante tendance à subordonner l'individu au système, — romaine, par ses efforts pour atteindre une certaine perfection humaine et limitée, dont l'accomplissement môme doit exclure tout espoir d'un progrès futur. Le lien qui maintenait la cohésion de l'Empire, lui aussi, était d'orig'ine romaine, quoique romaine d'une façon qui aurait bien surpris Trajan ou Sévère, si l'on avait pu le leur prédire. Le corps ecclésiastique était déjà organisé et centralisé, et c'était dans l'autorité que Charles exerçait sur lui que se trouvait le secret de sa puissance. Tous les chrétiens — que ce fussent des Franks, des Gaulois ou des Italiens — devaient être les loyaux sujets du chef et du défenseur de leur religion : l'unité de l'empire n'était que le reflet de l'unité de l'Église.
Il n'est pas possible d'entamer ici une revue générale du gouvernement et de la politique de Charles. Et pourtant sa législation, ses assemblées, son système administratif, ses magnifiques travaux, qui rappellent les projets d'Alexandre et de Jules César \ le zèle