Proclamation, dans Perlz, M. G. H., II
blique » même, en dépit des résultats que ce nom avait produits sous Albéric et sous Crescentius, devait être rétablie. Il fit construire un palais sur l'Aventin, qui était alors le plus salubre et le plus beau quartier de la cité ; il imagina un système régulier d'administration pour sa capitale, nommant un patrice, un préfet et un corps judiciaire qui reçut l'ordre de n'admettre d'autre code que celui de Justinien. La formule de nomination des juges nous a été conservée : dans ce document, l'Empereur, en remettant à l'un d'eux un exemplaire du code, lui commande « de juger, avec ce code, Rome et la cité Léonine et le monde entier ». Il introduisit au sein de la cour allemande, si simple, le cérémonial somptueux de Byzance, non sans blesser par là un certain nombre de ses partisans \ Le vœu que . son père avait formé de rapprocher plus étroitement l'Italie de l'Allemagne, il le poursuivit en confiant la chancellerie des deux pays au même personnage ecclésiastique, en maintenant une puissante armée allemande en Italie, et en emmenant sa suite italienne avec lui par delà les Alpes. A quel point ces plans si brillants et d'une si vaste portée étaient-ils susceptibles d'être réalisés si leur auteur eût vécu pour le tenter? on ne peut que le conjecturer. On peut supposer raisonnablement que tout le pouvoir qu'il aurait réussi à gagner dans le sud, il l'aurait perdu
1. « Imperator antiquam Romauoriim consuetudinera jam ex magna parte deletam suis cupiens renovare temporibus multa l'aciebat quae diverse sentiebant. >- — Thielmar, Chron. IX, ap. Pertz, M. G. H., lit.
dans le nord. Séjournant rarement en Allemagne, plus byzantin que teuton par ses sympathies, il ne contint pas ses farouches barons avec la main de fer de son aïeul; il négligea de pousser ses conquêtes du côté du nord ; il fît remise aux ducs polonais de l'obligation du tribut. Mais tout ceci, sauf que ce furent là ses desseins, n'est plus aujourd'hui que matière à conjecture; car Otton III, « la merveille du monde », comme il fut appelé par son siècle, mourut sans laisser d'enfants, sur le seuil de l'âge mùr, victime, s'il faut en croire un récit du temps, de la vengeance de Stéphanie, veuve de Crescentius, qui le séduisit par sa beauté et le fit mourir à l'aide d'un poison lent. On l'emporta au delà des Alpes au milieu de lamentations dont on entend encore comme un faible éch(» dans les pages des chroniqueurs monastiques, et on l'ensevelit dans le cha:;ur de la basilique d'Aix-la- Chapelle, à une cinquantaine de pas de la tombe de Charlemagne, qui est sous le dôme central. Il ne s'était pas encore écoulé deux ans depuis que, se préparant pour son dernier voyage à Rome, il avait fait ouvrir cette tombe, avait contemplé le grand empereur assis sur un trône de marbre, revêtu de sa robe et de sa couronne, ayant l'Évangile ouvert devant lui; et que là, touchant la main du mort, détachant de son cou la croix d'or, il s'était fait donner, pour ainsi dire, l'investiture de l'Empire par son précurseur frank. Si courte qu'ait été sa vie, si peu nombreux que soient ses actes, Otton III mérite, à un point de vue du moins, qu'on se souvienne de lui autant que d'au-
Clin de ceux qui l'ont précédé ou suivi. Personne, excepté lui, ne souhaita remettre effectivement la ville aux sept collines à son rang- de capitale, et reléguer à celui de provinces sujettes l'Allemagne, la Lombardie et la Grèce. Personne autre n'oublia à ce point le présent pour vivre à la lumière des anciens jours; aucune àme ne fut plus entièrement possédée de cette ferveur mystique et de cette vénération ]»oiir les gloires du passé sur laquelle reposait l'idée que le moyen âge s'était faite de l'Empire.
La descendance d'Otton le Grand en ligne directe venait de s'éteindre, et quoique les Franks eussent élu et que les Saxons eussent accepté Henri II ', surnommé le Saint, l'Italie ne s'inquiéta nullement de leurs actes. Ni l'Empire, ni le royaume lombard ne pouvaient jusqu'ici être réclamés de droit par le roi allemand. Ses princes placèrent Ardiiin, marquis d'Ivrée, sur le trône vacant à Pavic, poussés dans une certaine mesure par leur aversion croissante pour la domination étrangère, plus encore par le désir de s'assurer l'impunité sous un monarque plus faible que ne l'avait été aucun autre depuis Bérenger. Mais ces impulsions égoïstes, auxquelles Arduin avait dû son élévation, furent bientôt la cause de son renversement. Bientôt après, un parti au sein de la noblesse, appuyé par le pape, fit appel à Henri ' ; sa puissante armée rendit toute opposition sans espoir, et il vint recevoir à Bome la couronne impériale (1014). Il est