‹ Le Saint empire romain germanique et l'Empire actuel d'AllemagneChapitre 65 sur 133 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

LUTTE DE l'empire ET DE LA PAPAUTÉ

Origine et progrès de la puissance des papes. — Relations des papes avec les premiers empereurs. — Querelle de Henri IV et de Grégoire VII. — Idées de Grégoire VU. — Concordat de Worras. — Résultats généraux du conflit.

Réformée par les empereurs et les Teutons élus par eux, la papauté avait repris, au milieu du xi" siècle, les plans de gouvernement ébauchés par jNïcolas I"* et dont l'exécution avait été momentanément suspendue au milieu des misères de l'époque précédente. Sous la direction de son plus grand g'énie, Hildebrand, archidiacre de Rome, elle se mit alors avec activité à les compléter et eng'ag-ea cette guerre de la puissance ecclésiastique contre la puissance civile représentée par l'Empereur, qui devint bientôt le centre de leur commune histoire. Quoiqu'on ne puisse bien comprendre la nature de la lutte sans jeter un coup d'œil sur leurs rapports antérieurs, l'immensité du sujet nous met en garde contre la tentation d'en tracer ne fût-ce même qu'un aperçu, et nous nous bornerons à envisager l'empire et la papauté dans celles de

leurs relations qui naissaient de la situation respective qu'ils occupaient spirituellement et temporellement à la tête de la société chrétienne universelle.

On a déjà fait remarquer l'ardeur mise par le christianisme, dans l'époque qui suivit immédiatement son établissement politique, à payer de sa soumission l'appui du pouvoir civil. De l'indépendance à la suprématie, la transformation se fit par degrés. Le conte qu'on nous fait de Constantin guéri de la lèpre, faisant don de r()ccident à l'évêque Sylvestre et se retirant à Byzance pour qu'aucun prince séculier ne fût tenté d'intervenir dans la juridiction de la chaire de saint Pierre ou n'en profanât le voisinage, excite nos sourires; mais la foi avec laquelle il fut accepté pendant des siècles hii permit de produire des effets considérables. Il y a plus : le fond en était vrai. Ce fut la translation du siège du gouvernement des bords du Tibre k ceux du Bosphore qui ht du pape le personnage le plus important de la cité; on le vit ])ien dans l'abattement général qui suivit l'invasion d'Alaric. Lui seul désormais, il eut un pouvoir permanent et efhcace, bien qu'il ne fût pas encore reconnu, aussi supérieur en réalité au sénat et aux consuls du fantôme de république nouvellement restaurée qu'Auguste et Tibère l'avaient été aux faibles restes qui en survivaient de leur temps. Le pape Léon I" revendiqua la juridiction universelle pour son siège % et ses successeurs, grâce à leur persévérance, assujettirent lentement l'Italie, rillyrie, la Gaule, l'Espagne, l'Afrique, confondant

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