‹ Le Saint empire romain germanique et l'Empire actuel d'AllemagneChapitre 66 sur 133 · Roma pcr sedem Beati Pelri capul orbis cITecta · texte numérisé non relu

Roma pcr sedem Beati Pelri capul orbis cITecta

LUTTE DE l'empire ET DE LA PAPAUTÉ 199

avec habileté leurs droits incontestables de métropolitains et de patriarches avec ceux d'évèques œcuméniques, qui finirent par les englober tous. Par ses écrits, sa réputation de sainteté personnelle, la conversion de l'Angleterre et l'introduction d'un rituel solennel, Grégoire le Grand réussit, plus que tout autre pontife, à augmenter l'autorité ecclésiastique de Rome. Pourtant il est plein de déférence pour Maurice de Constantinople; il llatte Phocas; ses successeurs ne sont consacrés qu'après confirmation de l'Empereur ou de l'exarque; l'un d'eux est chargé de chaînes, traîné jusqu'aux bords du Bosphore et envoyé de là en exil dans la Scythie. Lorsque la controverse au sujet des iconoclastes et l'intervention de Pépin eurent afTranchi les papes de leurs liens avec l'Orient, les Franks, à titre de patrices et d'empereurs, semblèrent prendre la place perdue par Byzance '. Au couronnement de Charlcmagne, dit le poète saxon :

Et sumnius eundem Praîsul adoravit, sicut mos debitus olim Principibus fuit antiquis.

Leurs relations ne pouvaient plus, toutefois, être les mêmes à l'avenir. Si le Frank se vantait d'avoir conquis sa nouvelle dignité, le prêtre ne parlait que de l'avoir conférée librement. Quant à la chrétienté, elle

1. « Claves tibi ad regnum dimisimus. » Le pape Etienne à Charles Martel, in Codex Caroliîius, ap. Muratori, S. R. I., III. Quelques personnes, cependant, préfèrent lire « ad rogum ».

vit que Charles reçut la couronne des mains du pape et prit à tâche principalement la protection et les progrès de la sainte Eglise romaine. Les circonstances du couronnement d'Otton le Grand fournirent une base encore plus favorable à ces prétentions sacerdotales; ce fut, en ellet, un pape qui l'appela à Rome, un pape auquel il prêta un serment d'aide et de lidéhté. Dans le contlit des trois puissances, l'Empereur, le pontife et le peuple, — représenté par son sénat et ses consuls ou par les démagogues du moment, — le plus ferme, le plus prudent, le plus clairvoyant était sur de l'emporter en définitive. La papauté ne connaissait point rinconvénient des minorités; peu de successions jusqu'alors y avaient été contestées, peu de révoltes s'étaient manifestées nu sein de son armée, de cette armée composée du clergé de l'Europe tout entier. La conversion de la Germanie par Boniface, sous sa sanction directe, lui donna une influence considérable sur la hiérarchie naissante du plus grand des Etats européens; les agrandissements de Charlemagne et d'Otton aidèrent, dans la même mesure, à la propagande do ses émissaires et à la difl'usion de ses prétentions. Les premières disputes roulèrent sur le droit du prince à confirmer l'élection du pontife, que l'on supposa plus tard avoir été accordé par Hadrien I'"' à Charles par le décret « Hadrianus Papa ' ». Ce (.<■ jus eligcndi et ordinandi summum pontificem », que Louis !"■ paraît avoir cédé par le décret « Ego Ludo-

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