Psaume xci
veraiu absolu. Il no serait pas exact de dire qu'on découvrit alors de nouveau le droit civil. Ce système n'avait jamais péri en (laule ni en Italie ; il avait servi de fondement à quelques codes, et constituait à lui seul, grâce à de simples modifications nécessitées parla différence des états sociaux, la substance d'un grand noml)ro d'autres systèmes. Sauf l'Eglise, aucun agent ne fut aussi efficace pour conserver vivant le souvenir des institutions romaines. L'étude en fut alors reprise, au xii" siècle, avec un redoublement de savoir et d'ardeur surprenant, qui eut surtout les Paitderles de Justinien pour objet. En Italie d'abord et dans les écoles du sud, à Paris ensuite et à Oxford, on les interpréta, on les commenta, on les préconisa comme la perfection de la sagesse liumaine, la seule vraie et éternelle jurisprudence. Si considérables qu'aient été depuis lors et jusqu'à nos jours les travaux et l'intelligence consacrés à l'éclaircissement du droit civil, les autorités les plus compétentes afiirmeiit qu'en pénétration et en finesse, dans toutes les brandies de ces connaissances qui n'exigent pas absolument (ju'on ait recours à la critique liistori(|ue ou à la pbilosopliie, ceux qu'on a appelés les glossateurs ont été rarement égalés et n'ont pas été surpassés par leurs successeurs. Les docteurs en droit canon, qui n'étaient pas encore devenus les rivaux des légistes du droit civil, et s'adressaient d'iiabitude aux livres de ceux-ci pour suppléer au silence des leurs, répandirent en Europe le renom et l'influence de la jurisprudence romaine; tandis que ceux qui la pro-
fessaient étaient portés à la fois par leur sentiment et par leur intérêt à donner à toutes ses maximes le plus grand poids et Tapplication la plus étendue. Ces hommes, qui sortaient à peine de la barbarie, dont l'esprit n'était [»as accoutumé ù penser par luimême et aveuglément soumis à l'autorité, avaient pour les textes écrits un respect superstitieux qui nous étonne. Tous les litres attribués ])ar les juristes les plus serviles de Rome à leurs princes despotiipies furent directement approj»riés au César tout-puissant qui avait leur héritage. Il fut le u souverain de l'univers », le maître absolu de la vie et de La fortune de tous ses sujets, c'est-à-dire de tous les hommes, l'unique source de la législation, Tincarnation du droit et de la justice. Ces doctrines, que les grands jurisconsultes bolonais, Bulgarus, Martinus, Ilugolinus, d'autres encore qui entouraient sans cesse Frédéric, enseignaient et appliquaient tout naturellement à un roi teuton et féodal, n'étaient pas répudiées par le reste du monde, et ses partisans, en Allemagne et en Italie, les accueillirent avec une foi ardente. « A l'Empereur appartient la protection du monde entier. » dit l'évèque Otton de Frisingue. « L'Empereur est la loi vivante ici-bas ^ » Devant Frédéric, à Roucaglia, l'archevêque de Milan, au nom de la noblesse lombarde assemblée, s'exprime ainsi : « Fais et ordonne ce que tu voudras : ta volont('', voilà la loi ; ainsi qu'il est écrit : « Quicquid