‹ Le Saint empire romain germanique et l'Empire actuel d'AllemagneChapitre 70 sur 133 · Documeul de 1230, cilé par von Raumcr, V, p. SL · texte numérisé non relu

Documeul de 1230, cilé par von Raumcr, V, p. SL

principi placiiit Icgis liabet vigorcm, cum populus ci et in cum omnc siiiim impcrium et po lesta tem concesscrit \ » Le Ilolienstaufen lui-même n'hésita pas à accepter ces magiiifîques attributs du pouvoir, et, quoiqu'il fit modestement profession de ne vouloir gouverner que conformément aux lois et sans les outrepasser, il fut sans nul doute poussé ainsi à revendiquer avec plus d'énergie une prérogative consacrée par les siècles et qui semblait être un décret de Dieu même.

La nécessité de cette revendication était des plus impérieuses en Italie. On pourrait croire que les emjDcreurs considéraient cette dernière comme un pays conquis, que rien n'obligeait à respecter ; car ils ne convoquaient pas ses princes aux diètes allemandes, et intimidaient leurs propres assemblées de Pavie ou de Roncaglia à l'aide des troupes étrangères qui les suivaient. Sa couronne, d'un côté, était à leur disposition toutes les fois qu'ils franchissaient les Alpes pour la ceindre, tandis que, de l'autre, les élections qui se faisaient sur les bords du Rhin pouvaient bien être rehaussées par la présence des barons du royaume méridional, mais n'en subissaient jamais l'influence ^ En réalité, cependant, le pouvoir impérial était moindre en Italie qu'en Allemagne, car il y avait été intermittent depuis l'origine, et il dépendait

1. Discours de l'archevôtiiie de Milan dans Raliewin, Mur., S. R.I., VI.

2. L'élection de l'rédéric à Francfort eut lieu « non sine quibusdam Italice baronibus ». (Olloa de Frisingue, I.) Mais c'était là l'exccplion.

tic réncrgie personnelle de cliaqne envahisseur et de la force armée qui raccompagnait. La souveraineté théorique de l'empereur-roi n'était nullement contestée : dans les villes, les péages et les taxes lui appartenaient de droit; il pouvait promulguer des édits en Diète et requérir les principaux tenanciers de se présenter avec leurs vassaux. Mais la résurrection d'un contrôle qui n'avait plus jamais été exercé depuis le temps de Henri IV fut regardée comme un acte d'oppression intolérahle par les grandes cités lomhardes, lières de leur opulence et de leur population, qui étaient au moins égales à celles des duchés d'Allemagne ou des royaumes du Nord, et liahituées depuis plus d'un siècle à une turhulente indépendance. L'esprit répuhlicain et la liherté du peuple rencontrèrent peu de sympathie chez Frédéric. A Rome, le fougueux Arnaud de Broscia avait repris, mais avec des idées et des espérances hien différentes, le rôle de Crescentius K La cité secoua le joug de son évèque, et un gouvernement composé d'un sénat et de consuls prétendit, en reproduisant les formes de la première république, faire revivre l'esprit qui l'animait. Ses chefs avaient écrit à Conrad III -, lui demandant de les aider à rétablir l'empire dans la situation qu'il occupait sous Constantin et sous Justinien; mais l'Allemand, mis sur ses gardes par saint Bernard, avait préféré l'amitié du pape. Infatués à

d. Voir aussi, ci-après, le cliapitre xvi.

2. -i Senatus Popuiusque Romanus luijis et ori^is toliiis domino Conrado. »

l'excès du sentiment de leur propre importance, ils renouvelèrent leurs offres à Frédéric lorsqu'il vint demander la couronne à Hadrien IV. Une députation, après s'être étendue en un langage ampoulé sur la majesté du peuple romain et la magnanimité dont il faisait preuve en lui accordant le sceptre, à lui qui n'était qu'un Souabe et qu'un étranger, finit d'une façon qui s'accordait peu avec ce bel exorde, en lui demandant une distribution de larg'esses avant son entrée dans la cité. La colère de Frédéric ne lui permit pas de les écouter jusqu'au bout : « Est-ce là votre sagesse romaine? Qui ètes-vous pour usurper le nom des dignités romaines? Vos honneurs et votre autorité ne sont plus à vous depuis longtemps; avec nous sont les consuls, le sénat, les soldats, (le n'est pas vous qui nous avez choisis, mais Charles et Otton,qui vous ont délivrés du Grec et du Lombard et qui ont conquis la couronne impériale par la puissance de leur bras. Cette puissance des Franks est toujours la même : essayez d'arracher la massue des mains d'Hercule ! Le peuple n'a jtas à imposer de lois au prince, mais seulement à obéir à ses ordres \ » Telle fut la version donnée par Frédéric de la « translation de l'Empire - ». Il n'était pas probable que l'homme qui se montrait si dur envers sa propre cajiilale traitât avec plus de ménagement les rebelles de Milan et de ïortone. Dans

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